Le coût d’opportunité croissant des conditions météorologiques extrêmes

Par James Langton | 25 June 2025 | Last updated on 20 June 2025
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Énorme incendie de forêt dans les forêts de pins rouges
AegeanBlue / iStock

Les coûts économiques des phénomènes météorologiques extrêmes au Canada sont en hausse et vont au-delà des effets immédiats à court terme des dommages matériels — les décideurs doivent adopter une approche plus proactive pour réduire ces risques et renforcer la résilience économique, suggèrent les experts d’Économique RBC.

Dans un nouveau rapport, deux économistes de la banque notent que les catastrophes naturelles — des événements tels que les incendies de forêt, les tempêtes dévastatrices et les inondations — sont de plus en plus fréquentes et ont une incidence financière de plus en plus importante.

Par exemple, sept des dix années les plus coûteuses en pertes assurées se sont produites au cours de la dernière décennie. L’année 2024 arrive en tête avec un record de 8,5 milliards de dollars (G$) de pertes, causées par une violente tempête de grêle et des feux de forêt en Alberta, un ouragan au Québec et des inondations en Ontario.

Ces types de catastrophes naturelles ne sont plus inhabituels et deviennent de plus en plus fréquents et coûteux, selon l’étude.

« Le coût annuel moyen des catastrophes naturelles a grimpé à 1,5 G$ entre 2009 et 2019, alors qu’il n’était que de 600 M$ au cours de la décennie précédente, ce qui témoigne clairement de l’escalade des risques économiques. »

Si les coûts directs de ces événements augmentent, il en va de même des effets à long terme sur la productivité. D’un point de vue économique, ce type d’événements suit un schéma prévisible, selon le rapport.

« Les catastrophes naturelles perturbent considérablement l’activité économique, mais elles sont suivies d’un rebond rapide lorsque l’activité redémarre et que la reconstruction commence », indique le rapport.

En effet, le PIB et l’emploi sont souvent stimulés à court terme par une augmentation des dépenses de construction à la suite d’une catastrophe naturelle.

« Cependant, ce rebond économique à court terme peut être trompeur », avertit le rapport, car les efforts de reconstruction impliquent généralement la remise en état des actifs perdus, ce qui déplace l’investissement productif dans de nouveaux actifs.

« Le transfert des ressources vers la reconstruction signifie que moins de ressources de production sont disponibles pour des investissements tels que les mises à jour technologiques ou l’expansion du stock de capital. »

De même, si cette activité stimule également l’emploi à court terme, « le remplacement de ce qui a été perdu a généralement moins d’impact sur la croissance future de la productivité que les ressources utilisées pour de nouveaux investissements ». « Par conséquent, les fonds utilisés pour la récupération représentent des occasions perdues d’investir dans l’innovation ou la recherche et le développement, qui sont essentiels pour une croissance économique durable. »

Par exemple, le coût de 5 G$ des catastrophes naturelles en 2016, principalement l’incendie de Fort McMurray, « a représenté environ 14 % des dépenses de recherche et de développement du pays cette année-là et a détourné des ressources de la productivité et de l’innovation futures », selon le rapport.

En outre, la fréquence des catastrophes naturelles a d’autres répercussions financières, comme les perturbations économiques localisées dans l’industrie énergétique de l’Alberta, par exemple, qui se répercutent sur les marchés mondiaux des matières premières.

L’augmentation des indemnités d’assurance entraîne également une hausse des primes d’assurance, ce qui représente une « charge financière croissante pour les ménages et les entreprises ». Il note que « les primes d’assurance des propriétaires ont augmenté de 5 % par an en moyenne au cours des deux dernières décennies, soit plus de deux fois le taux d’inflation moyen de 2 % ».

Compte tenu du défi économique et financier croissant, le rapport affirme que l’approche pour faire face aux catastrophes naturelles doit passer de la reconstruction à l’amélioration de la résilience à long terme.

« Des investissements proactifs dans l’atténuation, tels que l’amélioration des pratiques de gestion forestière, peuvent réduire de manière significative les coûts et la gravité des catastrophes futures. Ces stratégies de prévention sont plus rentables que le relèvement après une catastrophe, et contribuent également à stabiliser les primes d’assurance et à protéger les économies locales contre les chocs récurrents », indique le rapport.

En outre, les efforts visant à diversifier les économies régionales étroitement ciblées peuvent réduire leur vulnérabilité aux événements météorologiques perturbateurs.

« En canalisant les ressources vers des infrastructures résilientes, des politiques axées sur l’innovation et des mesures proactives de prévention des catastrophes, le Canada peut créer un environnement économique robuste moins sensible à la nature cyclique de la reconstruction des actifs détruits, et plus orienté vers l’investissement dans de nouveaux moteurs de croissance », conclut le document.

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.