Le projet de loi de Trump est grand, mais pas si beau

Par La rédaction | 20 June 2025 | Last updated on 19 June 2025
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Donald Trump descend d'un avion
History in HD / Unsplash

Le « Big Beautiful Bill » du gouvernement américain est certes volumineux, mais il n’est pas particulièrement beau, conclut un rapport du Mouvement Desjardins.

Dans ce document, les économistes de Desjardins examinent le projet de loi de finances des États-Unis, qui compte plus de 1 000 pages et englobe une longue liste de plans fiscaux et de dépenses — y compris une extension des réductions d’impôts de 2017 et des réductions supplémentaires des impôts sur les pourboires et la rémunération des heures supplémentaires, parmi une série d’autres mesures.

Toutefois, ces réductions d’impôts se feront au prix d’une série de coupes dans les programmes d’aide publique (Medicaid, subventions à l’assurance maladie et bons d’alimentation) et d’une augmentation des déficits publics, observe le rapport.

Par exemple, le Bureau du budget du Congrès américain (CBO) a estimé que le projet de loi « ajouterait un total de 2,4 trillions de dollars au déficit sur dix ans, ainsi que 551 milliards de dollars supplémentaires en intérêts sur la dette au cours de la même période », prévient le rapport.

Dans le même temps, le CBO estime également que 10,9 millions d’Américains perdront leur assurance maladie et que les 10 % de ménages les plus pauvres verront leurs revenus diminuer — tout cela pour financer des allègements fiscaux en faveur des ménages riches, « exacerbant l’inégalité des revenus et des richesses » aux États-Unis.

Le projet de loi pourrait encore être révisé au Sénat, mais en l’état, il « n’apporte guère de solution aux problèmes auxquels est confrontée l’économie américaine », analyse le rapport.

La prolongation des réductions d’impôts préexistantes n’aura que peu d’impact sur l’économie globale, « alors même qu’elle gonfle considérablement le déficit », continue le document.

« Le gouvernement ne semble pas non plus intéressé par la question des inégalités de revenus, de l’accès aux soins de santé, de la transition énergétique et du développement international », note-t-il.

Malgré l’absence attendue d’impact positif du projet de loi — sur la croissance économique ou sur la résolution des problèmes sociaux — la principale préoccupation est son effet sur la dette, qui devrait « augmenter fortement ».

« Cela devrait continuer à préoccuper les investisseurs, en particulier ceux qui se trouvent en dehors des États-Unis et qui s’interrogent déjà sur la résilience de l’économie américaine, le statut de valeur refuge du billet vert, la solidité des institutions américaines et l’ouverture du pays aux investissements étrangers ».

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La rédaction