Les assureurs mondiaux réduisent leur appétit pour le risque

Par Jonathan Got | 28 October 2025 | Last updated on 27 October 2025
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Homme et femme d'affaires jouant au jeu de jenga en bois dans un bureau.
makibestphoto / AdobeStock

En 2025, les assureurs se montrent moins enclins au risque et cherchent à adopter une approche de gestion d’actifs plus flexible dans un contexte d’inflation persistante et d’incertitude économique, révèle le sondage mondial annuel de BlackRock auprès des assureurs.

Entre juillet et septembre, le géant de la gestion d’actifs a interrogé 463 cadres supérieurs en investissement répartis dans 33 marchés, représentant 23 000 milliards de dollars américains d’actifs sous gestion.

Près des deux tiers des répondants (63 %) ont cité l’inflation comme le principal risque macroéconomique, suivie des tensions géopolitiques (50 %) et du maintien de taux d’intérêt élevés (42 %), indique la 14 ᵉ édition du sondage. Le risque de récession, qui occupait la première place en 2023, arrive cette année en cinquième position (35 %).

Dans le contexte économique actuel, seulement 12 % des assureurs ont déclaré vouloir accroître leur exposition au risque au cours des 12 prochains mois, contre 19 % en 2022. Les trois quarts des répondants ont indiqué vouloir maintenir leur profil de risque.

Les assureurs cherchent à diversifier leurs portefeuilles en équilibrant différentes classes d’actifs et en intégrant davantage d’actifs privés, indique le rapport. Environ 93 % des répondants prévoient accroître leur exposition aux marchés privés, et seulement 3 % envisagent de la réduire.

Concernant leur modèle de gestion d’actifs, 53 % des assureurs ont affirmé vouloir passer d’un modèle entièrement interne à un modèle hybride combinant expertise interne et partenariats externes.

La gestion du capital constitue également une priorité : 67 % des répondants prévoient d’utiliser des sidecars de réassurance pour partager primes et pertes avec les investisseurs, et 54 % s’attendent à augmenter le capital de tiers au cours des 12 prochains mois.

« Cette attention accrue à la gestion du capital découle largement du besoin des assureurs de diversifier les revenus de leurs bilans grâce à des sources de revenus fondées sur les frais, d’optimiser leurs structures de capital et de recourir à des sources de capital non dilutives, notamment par l’intermédiaire de sidecars », précise le rapport.

Les actifs publics restent la principale composante des portefeuilles des assureurs à l’échelle mondiale. Une majorité prévoit d’augmenter leurs allocations en obligations d’État (44 %), en liquidités et instruments à court terme (42 %), ainsi qu’en placements liés aux critères ESG (40 %).

Parallèlement, la demande pour les actifs privés demeure forte : 58 % des assureurs comptent maintenir leur exposition et 30 % l’augmenter, contre seulement 12 % qui prévoient la réduire.

« Les réponses recueillies entre 2018 et 2025 indiquent un changement structurel de l’appétit pour les actifs privés, indépendant du cycle des taux d’intérêt », souligne le rapport.

La majorité (73 %) des assureurs déclarent investir dans des technologies liées à l’intelligence artificielle. Les applications les plus courantes concernent l’évaluation des occasions d’investissement (70 %) et la souscription des risques d’assurance (68 %).

Les principaux axes opérationnels identifiés sont la gestion actif-passif (62 %), la gestion des risques (55 %) et la conformité réglementaire (40 %).

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Jonathan Got

Jonathan Got est journaliste pour Investment Executive.