Les Canadiens sont partagés face à leurs finances en 2026

Par La rédaction | 9 February 2026 | Last updated on 13 February 2026
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Main écrivant dans un cahier « Budget » avec une tirelire et une calculatrice.
FatCamera / iStock

Les Canadiens avancent en terrain incertain sur le plan financier. Si une part importante de la population se dit confiante quant à sa situation actuelle, cette assurance s’effrite dès qu’il est question d’objectifs à long terme. C’est ce que révèle l’édition hiver 2026 du Sondage RBC sur la flexibilité financière.

Selon l’enquête, 49 % des répondants se disent résilients, confiants ou sereins à propos de leurs finances personnelles, tandis que 47 % se déclarent plutôt anxieux, épuisés ou frustrés. Un équilibre précaire qui illustre bien la tension ressentie par de nombreux ménages, pris entre la capacité de faire face au quotidien et l’incertitude quant à l’avenir.

UN ÉCART ENTRE LE PRÉSENT ET L’AVENIR

Si la majorité des Canadiens (68 %) estiment être en mesure de répondre à leurs besoins financiers immédiats, la confiance chute nettement lorsqu’il s’agit d’atteindre des objectifs à plus long terme. Moins d’un répondant sur deux (48 %) croit pouvoir y parvenir, mettant en lumière un décalage important entre la perception du présent et les attentes pour les années à venir.

Cette fracture se reflète clairement dans la manière dont les Canadiens se positionnent face à l’incertitude économique. Chez ceux qui se disent confiants, un peu plus de la moitié (51 %) jugent leurs finances suffisamment résilientes pour affronter les douze prochains mois. Plusieurs d’entre eux ont posé des gestes concrets :

  • remboursement ou réduction de dettes (50 %),
  • suivi budgétaire (44 %)
  • et investissements dans des véhicules d’épargne comme le CELI ou le REER (58 %).

À l’inverse, une proportion significative des Canadiens en difficulté exprime un sentiment de fatalisme. Près de la moitié (49 %) estiment qu’ils n’atteindront pas le succès financier, peu importe leurs efforts. Plus de quatre personnes sur dix disent avoir perdu le contrôle de leur avenir financier, et plus du tiers reconnaissent avoir renoncé à planifier en prévision d’un éventuel choc économique.

DES CHOIX DIFFICILES

Le sondage met également en évidence un clivage dans la capacité — et la volonté — de faire des sacrifices à court terme. Parmi les Canadiens confiants, 40 % se disent prêts à adopter un mode de vie plus frugal aujourd’hui afin d’assurer leur sécurité financière à long terme. Cette proportion est nettement plus faible chez ceux qui se sentent déjà fragilisés financièrement, pour qui la marge de manœuvre apparaît plus limitée.

Pour Erica Nielsen, cheffe de groupe, Services bancaires aux particuliers chez RBC, ces résultats traduisent l’impact inégal des pressions économiques récentes. Elle souligne que l’année écoulée a incité de nombreux Canadiens à revoir leur perception de la sécurité financière, sans que tous disposent des mêmes leviers pour agir. Les dépenses imprévues, particulièrement visibles après la période des fêtes, contribuent à accentuer ce sentiment de vulnérabilité.

DES PRIORITÉS BIEN ÉTABLIES…

À travers le pays, les Canadiens partagent néanmoins certaines aspirations communes. Interrogés sur leurs principaux objectifs financiers pour 2026, 64 % souhaitent avoir suffisamment d’argent pour profiter de leur retraite comme ils l’entendent. Cette priorité est particulièrement élevée en Ontario (66 %), en Alberta (65 %) et en Colombie-Britannique (63 %).

Le soutien aux activités de loisirs, notamment les voyages, arrive en deuxième position avec 53 % des répondants, particulièrement en Alberta (60 %) et en Colombie-Britannique (56 %). Enfin, 52 % des Canadiens veulent constituer un coussin financier pour faire face aux dépenses imprévues.

ET DES OBSTACLES

Mais qu’est-ce qui empêche les Canadiens d’atteindre ces objectifs ? Les dépenses courantes constituent de loin le principal obstacle, mentionnées par 79 % des répondants. Cette proportion grimpe même à 84 % dans les provinces de l’Atlantique et à 83 % en Colombie-Britannique.

Les coûts de logement représentent le deuxième obstacle majeur (66 %), avec des taux particulièrement élevés en Colombie-Britannique (71 %), en Alberta (70 %) et en Ontario (66 %). La dette et les habitudes financières personnelles sont chacune citées par 51 % des répondants comme des entraves à leurs objectifs.

Erica Nielsen souligne que les défis financiers peuvent sembler encore plus importants après la période des fêtes, surtout pour ceux qui ont constaté la rapidité avec laquelle les dépenses imprévues peuvent s’accumuler.

« Le début de la nouvelle année est une occasion idéale pour repenser ses priorités financières », affirme-t-elle.

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La rédaction