Prêts hypothécaires : les Canadiens sous tension

Par La rédaction | 2 December 2025 | Last updated on 8 December 2025
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Modèle de maison avec homme d’affaires signe un contrat d’achat ou une hypothèque pour une assurance habitation d’achat et de vente concernant le prêt hypothécaire Concept immobilier, espace de copie pour le texte de l’éditeur.
David Gyung / iStock

Les propriétaires canadiens vivent sur un fil tendu. Selon une étude de Pollara commandée par l’Association canadienne des institutions financières en assurance (ACIFA), la moitié des détenteurs de prêts hypothécaires au pays ne pourraient maintenir leur mode de vie pendant plus de six mois si leur revenu principal venait à disparaître.

Cette vulnérabilité financière frappe au moment où 44 % des propriétaires canadiens affirment que la conjoncture économique nuit à leurs finances personnelles et où 57 % craignent de perdre leur emploi au cours des 12 prochains mois. C’est un portrait « inquiétant » que dresse le sondage réalisé auprès de plus de 3 000 Canadiens détenant un prêt hypothécaire ou une marge de crédit hypothécaire.

DES ÉMOTIONS PLUTÔT QUE DES FAITS
Même si de nombreux Canadiens détiennent une assurance, peu ont véritablement confiance dans leur filet de sécurité. « Cette étude révèle une contradiction troublante : les Canadiens savent qu’ils sont vulnérables, mais un grand nombre d’entre eux restent sous-assurés ou incertains quant à la protection dont ils bénéficient », affirme Keith Martin, directeur général de l’ACIFA.

Les chiffres le confirment : 35 % des répondants ne savent pas combien de temps leur police d’assurance vie durerait en cas de besoin, et seulement 38 % se disent convaincus de pouvoir rembourser leur prêt hypothécaire en cas de perte de revenu. Parmi les répondants qui estiment disposer d’une assurance vie suffisante (73 %), les experts notent que cette confiance semble davantage reposer sur des émotions que sur des données factuelles.

DES CLIENTS PLUS À RISQUE

L’étude identifie cinq profils comportementaux chez les détenteurs ou non d’une assurance en protection de crédit (APC). Deux d’entre eux se démarquent :

  • les planificateurs confiants (26 %) : un groupe à la situation financière plus stable, qui reconnaît la valeur de l’APC. Près de la moitié (45 %) montre un intérêt pour souscrire ou renouveler une assurance.
  • les réalistes anxieux (25 %) : des ménages confrontés à l’abordabilité, mais intéressés par la protection malgré des contraintes budgétaires (27 %). Ils sont ceux qui bénéficieraient le plus d’une protection.

Ensemble, ces segments représentent près de la moitié (46 %) des emprunteurs et illustrent la tension entre besoin de protection et fragilité économique.

CONSEILS CONTRADICTOIRES

Même parmi les détenteurs d’une APC, la perception du produit demeure mitigée : seulement 30 % considèrent que le rapport qualité-prix est bon, tandis que 29 % jugent l’assurance abordable ou plus fiable que d’autres protections.

Du côté des non-détenteurs, le coût (41 %) et l’impression de ne pas en avoir besoin (40 %) dominent les raisons de ne pas souscrire d’assurance.

L’information donnée au moment de l’emprunt semble également insuffisante : à peine 39 % se souviennent avoir été informés de l’existence de l’APC, et jusqu’à un tiers déclarent ne pas comprendre suffisamment le produit pour l’évaluer.

Autre constat clé : près de la moitié (48 %) des non-détenteurs disent avoir été découragés par un professionnel des finances, signe que les consommateurs reçoivent des messages contradictoires selon l’intermédiaire consulté.

Si la majorité des APC liées aux prêts hypothécaires couvrent le décès (94 %), seulement 66 % incluent la perte d’emploi.

DES MOMENTS CLÉS

Les répondants indiquent qu’ils se tournent vers des solutions d’assurance principalement lorsque leur situation financière devient tendue : 44 % envisageraient une APC si leurs factures devenaient difficiles à gérer. L’incertitude économique ou les événements de vie (naissance, séparation, achat d’un bien) sont d’autres moments où la protection apparaît la plus pertinente.

Pour l’ACIFA, ces moments critiques doivent être mieux anticipés par le secteur. « Cette recherche fournit une feuille de route pour améliorer la communication et démontrer la valeur réelle de l’assurance, surtout lorsque les familles traversent des périodes de transition ou de stress économique », ajoute Keith Martin.

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La rédaction