Santé des femmes : les employeurs ont un rôle à jouer

Par La rédaction | 7 November 2024 | Last updated on 6 November 2024
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Une femme devant un tableau transparent plein d'images et d'écriture.
Marco VDM / iStock

Ménopause, infertilité, santé postnatale : ces problèmes de santé affectent la productivité des femmes au travail. Depuis la pandémie, les besoins de soutien des employées face à ces défis ont beaucoup augmenté. Selon un rapport de Manuvie, les employeurs peuvent jouer un rôle clé pour les soutenir, notamment en améliorant les régimes d’assurance collective.

« Un régime d’avantages sociaux complet et flexible peut changer grandement les choses en aidant les femmes à s’épanouir dans leur vie personnelle et professionnelle », estime Jenn Foubert, vice-présidente adjointe et chef, Soins médicaux, Mieux-être et Invalidité de Manuvie.

Les symptômes qui accompagnent la ménopause non traitée (bouffées de chaleur, fatigue, perte de mémoire, dépression) ont des impacts négatifs sur le travail pour 59 % des femmes âgées de 45 à 55 ans, selon le rapport réalisé en collaboration avec la Cleveland Clinic Canada et le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH). Ils entraînent notamment de l’absentéisme et une perte de productivité. Dans l’ensemble, environ 10 % des Canadiennes quittent leur emploi à cause de ces symptômes, selon la Fondation canadienne de la ménopause.

L’accès à l’hormonothérapie de remplacement, qui peut soulager ces effets, reste limité. Bien que les réclamations aient augmenté de 21 % au cours des trois dernières années, seulement 13 % des femmes avaient accès à une assurance couvrant ces frais en 2023. « En sensibilisant davantage les gens sur l’hormonothérapie substitutive et en faisant en sorte qu’elle soit plus facilement accessible, nous pouvons garantir que les femmes reçoivent les soins adaptés à leurs besoins pour gérer efficacement ces changements et limiter leur incidence sur leur vie quotidienne », affirme la docteure Zubina Mawji de Cleveland Clinic Canada.

L’infertilité, qui touche une personne sur six au Canada, engendre du stress et de l’anxiété chez les femmes au travail, signale le rapport. Depuis la pandémie, l’utilisation de médicaments contre l’infertilité a augmenté de 26 % chez les Canadiennes, mais seulement 10 % des personnes assurées par Manuvie disposent d’une couverture incluant les coûteux traitements en cliniques d’infertilité. Une fécondation in vitro (FIV), par exemple, y revient en moyenne à 20 000 $ par cycle alors que la couverture moyenne pour ces traitements est d’environ 15 000 $ à vie et par famille, précise Alanna Macintyre, directrice de produits, Assurance collective chez Manuvie. Il en résulte un stress financier important s’ajoutant au stress émotionnel des femmes qui suivent un traitement contre l’infertilité.

Le rapport de Manuvie révèle par ailleurs qu’environ 15 % des employées soumettent des demandes de règlement pour des problèmes de santé mentale dans les six mois suivant un accouchement. Parallèlement, près de la moitié des femmes ayant été traitées pour un problème de santé mentale au cours de l’année précédant leur grossesse y mettent fin après avoir accouché.

« Le soutien à la santé mentale des femmes lors de grands changements dans leur vie, comme la période postnatale et la ménopause, est un élément essentiel et trop souvent négligé. Il faut que les employeurs adoptent une approche globale pour favoriser un milieu de travail sain et inclusif », estime la docteure Liisa Galea, chercheuse principale au CAMH.

Pour alléger les effets de la ménopause, le rapport suggère aux employeurs d’aménager des pauses plus fréquentes et des congés rémunérés, ou d’adapter la température et la ventilation dans les bureaux. Des horaires de travail flexibles et du télétravail peuvent contribuer à réduire l’anxiété des employées qui suivent des traitements de fertilité.

Les programmes d’aide aux employés (PAE) peuvent également leur fournir du soutien psychologique. L’employeur peut offrir aux nouvelles mères des prestations complémentaires s’ajoutant aux programmes gouvernement durant les congés de maternité ou parentaux. Lorsque les nouvelles mamans retournent au bureau, il peut réduire leur charge de travail ou les inviter à participer à certaines activités professionnelles avec leurs bébés. Il peut aussi organiser des ateliers de sensibilisation sur la santé mentale, la dépression et l’anxiété postnatales pour les collègues et les gestionnaires afin de les sensibiliser aux défis de santé des femmes.

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La rédaction