Un conseiller accusé de fraude par des clients, dont sa propre tante

Par La rédaction | 28 August 2024 | Last updated on 26 August 2024
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Homme d’affaires tenant un masque devant son visage.
rudall30 / iStock

Le conseiller Scott J. Mason, propriétaire de Rubicon Wealth Management, une firme d’investissement située en banlieue de Philadelphie, est accusé d’avoir détourné des dizaines de millions de dollars des comptes de ses clients. Parmi ses victimes présumées se trouve sa propre tante ainsi qu’un ancien directeur financier d’une compagnie d’assurance. Une enquête du FBI et de la Securities and Exchange Commission (SEC) est en cours pour faire la lumière sur ces allégations, rapporte Think Advisor.

Les sommes détournées auraient servi à financer des dépenses personnelles, telles que des vacances, des mariages somptueux et même un investissement dans un parcours de golf miniature.

Parmi les plaignants, Stanley B. Tulin, un ancien directeur financier d’AXA Equitable, accuse le conseiller d’avoir détourné plus de 20 millions de dollars (M$) de ses économies accumulées au fil des ans. Il affirme que le conseiller a utilisé cet argent pour financer des projets personnels, y compris des dons à leur ancienne école afin de créer un poste d’entraîneur de hockey.

FRAIS DE SCOLARITÉ DES PETITS-ENFANTS DÉTOURNÉS

Stanley B. Tulin, un résidant en Floride âgé de 74 ans, a déposé plainte après avoir été informé par le FBI que le conseiller faisait l’objet d’une enquête criminelle. Selon les documents déposés en justice, Scott J. Mason et Rubicon Wealth Management ont vidé les comptes de Tulin, ne lui laissant que des miettes.

La plainte allègue également que le conseiller a utilisé une ligne de crédit de 5 M$ obtenue au nom de Tulin auprès de JPMorgan Chase à des fins personnelles, en falsifiant des documents financiers pour prolonger cette ligne de crédit.

Scott J. Mason gérait les investissements de son client depuis la fin des années 1990 avec une stratégie conservatrice. Il avait également pour mission de superviser des dépenses, telles que les dons caritatifs de son client et les frais de scolarité de ses enfants et petits-enfants. En échange de ses services, Rubicon percevait 1 % des actifs sous gestion, soit environ 275 000 dollars par an depuis 2010.

En outre, la plainte indique que le conseiller aurait obtenu une ligne de crédit de 5 M$ de JPMorgan Chase au nom de son client, qu’il aurait utilisée à des fins personnelles. Il aurait également falsifié des documents financiers et des signatures pour prolonger cette ligne de crédit. Selon la plainte, sans ces détournements de fonds, la valeur nette de Tulin aurait dû dépasser 30 M$.

UNE VIEILLE TANTE FLOUÉE

La tante de l’accusé, âgée de 78 ans, accuse également son neveu d’avoir transféré plus de 3,2 M$ de ses comptes sans son consentement. Elle lui avait confié la gestion de ses finances après le décès de son mari en 2017. Elle lui réclame 3,7 M$ de dommages-intérêts.

Elle a découvert les transferts frauduleux en mars 2023, lorsqu’elle a reçu un formulaire fiscal indiquant qu’elle devait plus de 130 000 $ en gains en capital à la suite de la liquidation de ses actifs. Confronté à ces accusations, Scott J. Mason a d’abord affirmé que les fonds avaient été investis dans un fonds obligataire diversifié, avant d’admettre que l’argent avait « disparu ».

Les comptes, initialement investis dans des fonds communs de placement et des obligations municipales, ont été en grande partie liquidés par Rubicon entre 2019 et 2023, selon la plainte. Plus de 60 % du portefeuille aurait été transféré vers des investissements douteux.

RÉACTIONS ET POURSUITES EN COURS

Le conseiller et sa firme ont demandé le rejet de la plainte de la tante et la tenue d’un arbitrage. Ils soutiennent que Lynne Mason, l’épouse de Scott J. Mason, accusée également dans cette affaire, ne peut pas être tenue responsable sans preuve de sa connaissance ou de sa participation des actes présumés de son mari.

SEI Private Trust Co., la société qui gardait les actifs de la tante, est également visée par une plainte. La tante l’accuse de ne pas avoir surveillé les transactions effectuées par le conseiller et d’avoir ainsi permis les transferts frauduleux. La société nie toute responsabilité, affirmant qu’elle a elle-même été victime de la fraude. Une troisième plainte civile a également été déposée contre le conseiller et sa compagnie, mais les détails restent pour l’instant confidentiels.

Les victimes espèrent récupérer les fonds disparus, mais le sort de ces millions détournés dépendra des conclusions des enquêtes en cours du FBI et de la SEC. Une douzaine d’autres victimes ayant perdu un total de 15 M$ pourraient s’ajouter à l’accusation. Si celles-ci sont confirmées, cette affaire pourrait devenir l’une des plus importantes fraudes financières personnelles des dernières années.

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La rédaction