Cinq générations au travail et révolution IA : les entreprises canadiennes peinent à s’adapter

Par La rédaction | 1 December 2025 | Last updated on 28 November 2025
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Des collègues discutent en marchant dans un entrepôt.
FG Trade / iStock

Alors que l’intelligence artificielle (IA) s’installe durablement dans les milieux de travail, les entreprises canadiennes font face à un virage décisif : intégrer des technologies de plus en plus sophistiquées sans perdre de vue l’humain. C’est l’une des grandes tendances mises en lumière par le rapport d’ADP Canada sur les tendances du monde du travail en 2026.

Autre transformation majeure : les entreprises évoluent dans un contexte où cinq générations cohabitent désormais dans les entreprises, une première historique. Chacune arrive avec ses valeurs, sa vision du travail et ses conditions de succès. Or, l’étude d’ADP démontre que seulement 24 % des organisations déclarent ne rencontrer aucune difficulté dans la gestion de cette diversité générationnelle, signe que l’enjeu demeure sensible.

Cette cohabitation de travailleurs aux expériences, valeurs et perspectives professionnelles distinctes transforme profondément la dynamique organisationnelle. La génération Z, notamment, se démarque par ses priorités : un répondant sur cinq de cette cohorte identifie l’empathie comme une compétence prioritaire lors de l’embauche.

« Qu’il s’agisse de répondre aux nouvelles exigences législatives et réglementaires sur la divulgation de l’IA ou aux besoins accrus de mise à niveau des compétences, les employeurs se trouvent à un moment charnière et doivent trouver un juste équilibre entre l’innovation et des pratiques axées sur l’humain », affirme Jim Lord, président d’ADP Canada.

LA RIGUEUR PROFESSIONNELLE, UNE DENRÉE RARE

L’enquête met en lumière un paradoxe préoccupant : l’éthique de travail rigoureuse figure au sommet des compétences recherchées par les employeurs canadiens, 66 % la considèrent comme prioritaire, mais 38 % peinent à trouver des candidats répondant à cette exigence.

Cette pénurie touche autant le recrutement de nouveaux employés que celui des talents hautement qualifiés.

EXPÉRIENCE EMPLOYÉ À AMÉLIORER

Plus de la moitié des entreprises canadiennes, toutes tailles confondues, admettent manquer de confiance dans leur capacité à optimiser l’expérience des employés. Cette lacune s’étend à la collecte systématique de rétroaction auprès des candidats potentiels, du personnel actuel et des employés quittant l’organisation. Les données et commentaires demeurent sous-utilisés, alors qu’ils pourraient contribuer à améliorer significativement le climat de travail.

L’IA : PRÉSENCE HUMAINE EXIGÉE

Face à l’essor de l’IA et de l’IA générative, 80 % des entreprises sondées jugent essentiel de maintenir une présence humaine lors de l’utilisation de ces technologies. Cette prudence reflète les préoccupations quant au remplacement potentiel des employés par l’automatisation.

Les perspectives varient toutefois selon les régions quant au remplacement des méthodes traditionnelles de formation par l’IA. Le Canada atlantique affiche le taux le plus élevé d’entreprises anticipant ce changement (26 %), suivi par l’Ontario (23 %), l’Alberta/Colombie-Britannique (20 %). Ces provinces devancent le Québec à 19 %, tandis que le Manitoba et la Saskatchewan se montrent les plus sceptiques (11 %).

« Les leaders ont la responsabilité de communiquer clairement au sujet de l’IA afin que les personnes l’adoptent comme un outil d’assistance au lieu de la percevoir comme un outil de remplacement, souligne Andrea Wynter, vice-présidente des personnes chez ADP Canada. Les entreprises qui réussissent à ce chapitre deviendront des puissances de l’IA. »

LE PRINCIPAL MOTEUR DU ROULEMENT

Le leadership et la gestion inadéquats constituent le facteur dominant du roulement de personnel au cours de la dernière année, selon 49 % des répondants à l’échelle nationale. Le Québec se démarque avec un taux de 66 %, suivi de l’Ontario et du Canada atlantique à 52 % chacun.

Les préoccupations des employés concernant la sécurité et la stabilité d’emploi varient également géographiquement. Les travailleurs du Québec s’inquiètent moins de ces enjeux (12 %) que la moyenne canadienne (17 %), alors que l’Alberta et la Colombie-Britannique enregistrent les taux les plus élevés (19 %).

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La rédaction