Fin des rapports trimestriels : bonne ou mauvaise idée ?

Par La rédaction | 8 October 2025 | Last updated on 7 October 2025
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Lone justice échelle sur fond bleu simple
DNY59 / iStock

Les sociétés cotées en Bourse devraient-elles publier moins fréquemment leurs états financiers ? La suggestion de Donald Trump suscite la controverse.

Les partisans et les opposants de cette mesure fournissent leurs arguments depuis qu’elle a été avancée par le président des États-Unis. Rappelons que cela consisterait à ce que les sociétés émettrices publient leurs états financiers tous les six mois, plutôt que tous les trois mois comme c’est le cas actuellement.

Valeurs Mobilières TD a publié une note sur les avantages et les inconvénients de la proposition de Donald Trump, qui vise à réduire les contraintes réglementaires de certaines entreprises.

UN GAIN DE TEMPS

La réduction de la fréquence de publication permettrait de diminuer le temps passé par les dirigeants d’entreprises sur cette tâche, et de se consacrer davantage à la gestion des affaires, selon les partisans de la proposition.

Pour cette raison, les investisseurs à long terme pourraient accueillir favorablement ce changement, estime Valeurs mobilières TD. Selon la firme, le passage à des rapports semestriels pourrait entraîner une légère baisse des volumes de transactions, puisque l’activité accrue attendue lors des deux publications annuelles ne compenserait pas entièrement la perte des deux pics trimestriels. Ce changement pourrait également contribuer à réduire la volatilité à long terme des actions individuelles.

Une comparaison internationale montre que l’Europe et le Royaume-Uni ont supprimé l’obligation de publication de rapports trimestriels depuis une dizaine d’années. Toutefois, de nombreuses sociétés du continent européen continuent de publier volontairement des rapports trimestriels, par souci de comparaison avec les firmes américaines. Le rythme de publication en Europe devrait se calquer sur la nouvelle règle américaine. En Asie, la publication est le plus souvent semestrielle.

MOINS DE TRANSPARENCE

Pour les opposants à la mesure, la diminution de la transparence ne peut jamais être une bonne chose. Et la publication chaque trimestre est un bon compromis entre transparence et aspect pratique.

Les spéculateurs pourraient regretter la diminution de la fréquence de publication, car cela peut leur faire perdre des opportunités. En effet, cela pourrait réduire la variabilité de la valeur des titres.

On pourrait assister à une réduction de la valeur des bénéfices et la dynamique des revenus dans les modèles quantitatifs multifactoriels, puisque les données des entreprises deviendraient moins fréquentes et plus obsolètes.

Les écarts entre les cours acheteur et vendeur pour les actions individuelles pourraient se creuser afin de compenser le risque accru d’une mauvaise évaluation des actions.

Valeur mobilières TD précise que le changement est probable, et que dans ce cas, la quasi-totalité des entreprises s’abstiendrait de publier des rapports trimestriels. Cependant, les sociétés pourraient davantage procéder à des précommunications, et donc à des annonces surprises.

Les sociétés continueront probablement à verser des dividendes trimestriels, car cela procure un revenu régulier aux investisseurs et le processus de paiement est automatisé.

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La rédaction