Formation en IA : le Canada à la traîne

Par La rédaction | 10 July 2025 | Last updated on 9 July 2025
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Un analyste de données utilisant la technologie AI pour l’outil de travail pour l’analyse de données Chatbot Chat avec l’IA, en utilisant l’IA robot intelligent technologique, l’intelligence artificielle pour générer quelque chose.
Khanchit Khirisutchalual / iStock

Selon une étude conjointe de KPMG International et de l’Université de Melbourne, le Canada figure parmi les pays possédant les plus bas niveaux de formation en intelligence artificielle (IA) et de confiance en celle-ci. 

Intitulée « Utilisation de l’intelligence artificielle, confiance et point de vue : une étude de 2025 à l’échelle mondiale », cette analyse internationale est basée sur les réponses de plus de 48 000 personnes issues de 30 économies avancées et de 17 administrations émergentes, entre novembre 2024 et janvier 2025.

Des 1 025 personnes sondées au Canada, 51 % étaient des femmes et 49 % des hommes ; 10 % étaient âgées de 18 à 24 ans ; 34 %, de 25 à 44 ans ; 33 %, de 45 à 64 ans ; et 23 % avaient au moins 65 ans.

L’étude place le Canada au troisième rang… en partant de la fin, sur un total de 47 pays évalués pour leur performance en matière de formation en intelligence artificielle. Parmi les 30 économies avancées définies par le Fonds monétaire international (FMI), le Canada se classe également juste devant l’avant-dernier.

En ce qui concerne la confiance dans les systèmes d’IA, le Canada occupe les 42e et 25e rangs, respectivement.

Selon Benjie Thomas, chef de la direction et associé principal chez KPMG au Canada, « [l] e faible degré de formation en IA des Canadiens les empêche de faire confiance à la technologie, et cela représente un obstacle majeur à son adoption. Plus ils en sauront sur l’IA, plus ils seront susceptibles d’y faire confiance et de l’utiliser ».

UNE FORMATION LIMITÉE

Le sondage portait sur trois domaines principaux :

  • la formation,
  • les connaissances
  • et l’efficacité en matière d’IA.

Moins du quart (24 %) des répondants canadiens ont déclaré avoir reçu une formation sur l’IA, contre 39 % à l’échelle mondiale.

Moins de quatre Canadiens sur dix (38 %) ont dit posséder une connaissance modérée ou élevée de l’IA, comparativement à 52 % à l’échelle mondiale.

Quant à leur capacité d’utiliser, de communiquer ou d’évaluer des réponses générées par cette technologie, seulement 47 % des Canadiens ont affirmé pouvoir utiliser l’IA efficacement, contre 60 % à l’échelle mondiale.

UN MANQUE DE CONFIANCE DU PUBLIC

Un faible degré de formation en IA mine la confiance dans les systèmes fondés sur cette technologie, indique KPMG.

Selon le sondage, seulement 34 % des répondants du Canada sont disposés à faire confiance à l’information provenant de l’IA, contre 46 % à l’échelle mondiale, et seulement la moitié des Canadiens approuvent ou acceptent l’utilisation de l’IA (72 % dans le monde).

En outre, 46 % des Canadiens croient que les risques liés à l’IA l’emportent sur les avantages (32 % à l’échelle mondiale), même si moins d’entre eux (39 %) ont connu ou observé des résultats négatifs liés à l’utilisation de cette technologie (43 % dans le monde).

Parmi les inquiétudes, 87 % d’entre eux ont exprimé une préoccupation modérée ou élevée à l’égard des risques liés à la cybersécurité, mais seuls 32 % ont déclaré avoir personnellement subi une intrusion informatique ou en avoir été témoin. 

Les violations en matière de vie privée ou de propriété intellectuelle constituent également une préoccupation majeure, 86 % des Canadiens exprimant une préoccupation modérée ou élevée à ce sujet, alors que seulement 38 % en ont fait l’expérience.

UN APPEL À UNE RÉGLEMENTATION PLUS STRICTE

Les Canadiens ont une idée claire quant à leurs attentes pour favoriser une plus grande confiance dans l’IA.

En effet, ils sont d’avis que des mécanismes de gouvernance, de réglementation et de certification plus solides doivent être intégrés aux systèmes d’IA.

Ainsi, 75 % d’entre eux disent vouloir une réglementation de l’IA, comparativement à 70 % à l’échelle mondiale. 

En outre, 73 % des Canadiens conviennent que les gouvernements ou les organismes de réglementation existants devraient réglementer l’IA, et le même pourcentage est d’accord avec les lois internationales sur l’IA. 

Près de neuf Canadiens sur dix (89 %) ont convenu qu’il devrait exister des lois pour prévenir la propagation de la désinformation générée par l’IA, tandis que 87 % sont d’avis que les entreprises de médias sociaux et les sociétés de presse doivent s’assurer que la population est en mesure de détecter le contenu généré par l’IA. 

À l’heure actuelle, rappelle KPMG, le Canada ne dispose pas d’un cadre réglementaire fédéral.

À titre de mesure provisoire, le gouvernement fédéral a mis en place le Code de conduite volontaire visant un développement et une gestion responsables des systèmes d’IA générative avancés. Il établit des engagements volontaires que les organisations peuvent accepter de respecter pour démontrer qu’elles développent et gèrent de façon responsable les systèmes d’IA générative.

UNE CONFIANCE PLUS GRANDE À L’ÉGARD DES INSTITUTIONS

Par ailleurs, les Canadiens font le plus confiance aux universités et aux établissements de recherche pour ce qui est de développer et d’utiliser l’IA dans l’intérêt du public.

De fait, 79 % témoignent d’une confiance modérée ou élevée dans ces établissements. 

En comparaison, seulement 51 % des répondants canadiens ont indiqué ressentir cette même confiance par rapport aux organisations commerciales, et 53 % aux grandes entreprises technologiques.

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La rédaction