La construction nuit aux PME canadiennes

Par La rédaction | 27 August 2024 | Last updated on 26 August 2024
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Cônes de signalisation sur la route avec flèche électronique pointant vers la droite pour dévier la circulation et voiture blanche en distance.
Frank Armstrong / iStock

La majorité des PME (68 %) disent avoir été impactées en raison des chantiers de construction au cours des cinq dernières années. Il s’agit d’une hausse de 27 % par rapport à 2018, selon le rapport « Quand la construction démolit : répercussions des chantiers sur les PME » de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Parmi ces PME, 22 %, soit 266 953, rapportent que ces perturbations ont eu un impact majeur sur leurs activités. Lorsque les chantiers s’éternisent, l’impact est évidemment d’autant plus important. Les PME rapportent que la durée moyenne des travaux de construction ces cinq dernières années serait de 508 jours, soit un peu moins de deux ans.

« Les chantiers locaux causent de nombreux problèmes aux PME : congestion routière, poussière, débris, perte de clients, problèmes logistiques. Imaginez maintenant devoir composer avec cela pendant plus de 500 jours! Malheureusement, c’est le lot de beaucoup trop de petites entreprises au Canada », affirme François Vincent, vice-président à la FCEI.

En moyenne, les PME signalent une diminution de 22 % de leur chiffre d’affaires durant le plus important projet de construction auquel elles ont été confrontées au cours des cinq dernières années. Sans compter que les travaux ont imposé des dépenses supplémentaires de près de 10 000 $ en nettoyage et réparations.

L’ampleur et la durée des travaux varient d’un chantier à l’autre, mais parmi les perturbations les plus courantes qui affectent 58 % des PME, on retrouve :

  • la congestion routière,
  • la poussière,
  • les débris
  • et le bruit.

Nombre de PME rapportent être également impactées par la difficulté pour les clients et les employés à se stationner (49 %), le stress important (23 %) et le préavis insuffisant (33 %) causés par ces travaux.

« Les travaux publics pour améliorer les routes et les infrastructures (conduites d’eau, égouts, etc.) sont nécessaires, mais lorsqu’ils s’accumulent et durent longtemps, cela a comme incidence de freiner la croissance des commerces qui ont pignon sur rue dans les travaux. En améliorant la planification et l’exécution des travaux et en tenant compte davantage de la réalité des entreprises locales, on pourrait limiter les dommages collatéraux pour ces commerces de proximité », commente François Vincent.

La majorité des PME (68 %) estiment que pour toutes ces raisons, elles devraient être compensées par le gouvernement lorsque les travaux majeurs pèsent lourd sur leurs activités. La FCEI aimerait que le gouvernement soutienne les PME en établissant des plans complets d’atténuation des impacts qui comprendraient, entre autres, une aide financière pour compenser les coûts engagés par les PME affectées.

« On dirait que les gouvernements se renvoient la balle constamment en ce qui concerne la responsabilité des projets de construction et qu’entre-temps, les cônes orange ne font que se multiplier. Il est nécessaire d’établir clairement qui est responsable de l’atténuation des impacts des travaux et quelles mesures seront prises. Une meilleure gestion des projets de construction bénéficierait à la fois aux entreprises locales, aux municipalités, aux provinces et aux citoyens », conclut François Vincent.

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La rédaction