La criminalité en hausse chez les PME

Par La rédaction | 1 November 2024 | Last updated on 31 October 2024
3 min read
Propriétaires de petites entreprises travaillant derrière le comptoir du café.
visualspace / iStock

Le nombre d’entreprises touchées par des problèmes de sécurité a presque doublé au cours de la dernière année. Elle est passée de 24 % en 2023 à 45 % en 2024, selon un rapport de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Les délits les plus fréquemment rapportés sont le vol et le vandalisme. Les clients qui partent sans payer, le vandalisme, les cambriolages et les vols de voiture d’employés ont augmenté depuis la pandémie. Certains propriétaires ont dû verrouiller leurs portes même durant les heures d’ouverture, au détriment de l’expérience client et des visites spontanées.

« Les entrepreneurs travaillent dur, fournissent des emplois et contribuent à la communauté, mais ils se font voler, briser des fenêtres et vandaliser. Être constamment victimes de crimes, ça peut avoir des conséquences dévastatrices », affirme Alchad Alegbeh, analyste de la recherche à la FCEI.

Selon le rapport, plus des deux tiers (68 %) des propriétaires de petites et moyennes entreprises se disent inquiets pour leur sécurité et celle de leur personnel et de leurs clients.

La criminalité impose un coût financier direct aux PME. Au cours des trois dernières années, elles ont dépensé en moyenne 5 000 $ pour remplacer ou réparer de l’équipement volé ou endommagé à la suite d’actes de vandalisme. De plus, bien que 68 % des propriétaires impactés n’effectuent pas toujours de réclamation d’assurance de crainte de voir leurs primes augmenter, ils continuent d’investir dans des mesures de sécurité coûteuses :

  • caméras de surveillance,
  • systèmes d’alarme,
  •  barreaux aux fenêtres
  • ou éclairage nocturne.

LA SÉCURITÉ INSUFFISANTE : UNE SOURCE DE FRUSTRATION

Les PME sont également insatisfaites du soutien qu’elles reçoivent des forces de l’ordre. Plus de la moitié (54 %) des propriétaires victimes de crimes déposent des plaintes à la police, mais seulement un tiers (33 %) d’entre eux se disent satisfaits de l’intervention des forces de l’ordre. Pour beaucoup, les types de crime auxquels ils sont confrontés, tels que le vol ou le vandalisme, ne sont pas assez graves pour justifier une intervention rapide.

Face à cette réalité, les PME adaptent leurs pratiques. Elles mettent en place des rendez-vous obligatoires pour limiter l’accès à leurs locaux. Elles verrouillent les portes durant les heures d’ouverture et gardent les lumières allumées la nuit. Bien que ces mesures soient nécessaires pour dissuader les criminels, elles peuvent aussi décourager les clients et nuire aux ventes, en particulier dans un contexte où les PME fonctionnent souvent avec des marges bénéficiaires limitées. « Les petites entreprises ont de faibles marges bénéficiaires, alors un seul incident peut être déterminant pour elles », souligne Alchad Alegbeh.

Pour atténuer les impacts de la criminalité sur les entreprises, la FCEI souhaite qu’elles bénéficient d’aides financières, incluant des fonds pour les réparations liées aux crimes. Par ailleurs, l’amélioration de la sécurité dans les zones commerciales, la lutte contre la récidive et la diversification de l’offre des compagnies d’assurance font partie des recommandations pour accroître la résilience des PME.

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La rédaction