La fracture numérique : une menace pour la relève d’entreprise

Par La rédaction | 21 October 2024 | Last updated on 18 October 2024
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Photo : Devrimb / iStock

La transformation numérique des petites entreprises est un enjeu important pour leur pérennité et leur attractivité. Pourtant, de nombreux propriétaires canadiens peinent à prendre ce virage, ce qui peut compromettre la valeur de leur entreprise et réduire les chances de transfert à de futurs acquéreurs.

Un rapport récent de la Banque Scotia révèle que près de la moitié des propriétaires de petites entreprises au Canada n’ont pas encore mis en place de plan de transformation numérique. Ce retard freine leur capacité à faire face à des défis immédiats, comme la hausse des coûts et l’évolution des attentes croissantes des consommateurs pour le numérique. Il menace également leur potentiel de vente ou de transfert à de nouveaux repreneurs.

RETARD DANS LA TRANSFORMATION NUMÉRIQUE

D’après un sondage mené auprès de plus de 660 entrepreneurs canadiens, près de la moitié (45 %) estiment que la modernisation numérique est essentielle pour en faciliter la vente ou le transfert de leur entreprise. Pourtant, presque la même proportion n’a pas encore de plan en ce sens. Ce retard pourrait avoir un impact significatif sur la valeur de l’entreprise et sa compétitivité.

« Une grande partie des propriétaires s’apprêtent à transférer leur entreprise à de jeunes entrepreneurs qui maîtrisent plus les technologies numériques. Ils ont donc besoin de stratégies numériques solides pour planifier la relève », estime Pouya Zangeneh, premier vice-président des Services bancaires aux petites entreprises de la Banque Scotia. 

La transformation numérique ne se limite pas aux interfaces destinées aux clients. Elle consiste aussi à automatiser des processus internes, à explorer de nouvelles sources de revenus et à optimiser les opérations. Par exemple, les plateformes de paiement, la gestion des stocks automatisée et les services bancaires en ligne, peuvent considérablement améliorer la productivité et la rentabilité des petites entreprises.

En fait, près de 75 % des propriétaires interrogés ont amélioré leurs infrastructures numériques au cours des trois dernières années, notamment en mettant à jour leurs logiciels, leur matériel informatique et leurs systèmes de sécurité. Ces efforts leur ont permis de mieux servir leurs clients, de toucher une clientèle plus large et d’augmenter leurs revenus.

Environ 40 % des propriétaires pensent que l’intégration de l’intelligence artificielle pourrait les aider à maintenir ou à développer leur entreprise. Cette technologie permettrait d’automatiser certaines tâches, d’améliorer l’expérience client et d’identifier de nouvelles opportunités de croissance.

MANQUE DE PRÉPARATION À LA RELÈVE

Près de la moitié des entrepreneurs sondés prévoient vendre leur entreprise au cours des dix prochaines années, et un tiers d’ici 2030. Pourtant, 43 % des propriétaires qui prévoient vendre dans six ans ou plus n’ont toujours pas de plan de relève.

Les raisons invoquées varient : pour 40 % d’entre eux, ce n’est tout simplement pas une priorité, tandis que 33 % estiment ne pas en avoir besoin ou n’y ont pas encore réfléchi.

En ce qui concerne l’avenir de leur entreprise après leur départ à la retraite, un peu plus du tiers des propriétaires envisagent de la garder au sein de la famille. Par ailleurs, environ une entreprise sur trois projette de la vendre, que ce soit à une autre société ou à des personnes extérieures à la famille. Cependant, 35 % des entreprises sondées n’ont pas de plan de succession, en particulier celles dont le chiffre d’affaires est inférieur à 500 000 $ par an. Pour ceux qui prévoient de transférer leur entreprise, près de la moitié prennent en compte plusieurs facteurs avant de passer à l’action, comme le style de vie qu’ils souhaitent mener à la retraite, les implications fiscales et les impacts sur leur plan de retraite.

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La rédaction