La paperasserie, une perte de temps coûteuse pour les PME

Par La rédaction | 4 February 2025 | Last updated on 3 February 2025
3 min read
Des centaines de dossiers dans une boite.
Oleg Elkov / iStock

Les PME perdraient l’équivalent d’un mois par année en raison de la paperasserie, selon un rapport de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) en partenariat avec Intuit QuickBooks.

Ce rapport, publié à l’occasion de la Semaine de sensibilisation à la paperasserie, montre en effet que les PME ont consacré en moyenne 735 heures à la réglementation en 2024.

Parmi ces heures, 256 (32 jours) étaient jugées comme de la paperasserie pouvant être éliminée sans compromettre la santé et la sécurité du public.

Au total, le nombre d’heures consacrées à la paperasserie a augmenté de 35 % depuis 2020, passant de 189 heures à 256 heures en 2024. 

UN FREIN À LA PRODUCTIVITÉ ET À LA CROISSANCE

« Les propriétaires de PME perdent un peu plus d’un mois par année en raison de la paperasserie ! C’est du temps précieux qui pourrait pourtant être mieux investi dans la planification des projets d’expansion, le service à la clientèle, la formation du personnel, voire la vie familiale », déclare Simon Gaudreault, vice-président Recherche et économiste en chef à la FCEI.

Selon le rapport, 87 % de propriétaires de PME pensent que la réglementation excessive nuit à la productivité et à la croissance.

Face à la menace de tarifs douaniers, la FCEI estime que les gouvernements doivent intensifier leurs efforts pour stimuler la productivité et la compétitivité du Canada.

LE POIDS D’UNE RÉGLEMENTATION COÛTEUSE

Outre une perte de temps, la conformité réglementaire entraîne également des coûts.

En 2024, la réglementation a coûté environ de 51,5 milliards de dollars (G$) aux entreprises canadiennes, soit 13,5 % (5 G$) de plus par rapport à 2020 (45,4 G$). Le coût pour le Québec est de 10,9 G$.

Les propriétaires de PME estiment que 35 % (17,9 G$) de ces coûts seraient dus à la paperasserie, en hausse par rapport à 2020 (12,7 G$).

L’augmentation des charges salariales et des honoraires professionnels ainsi que l’accroissement du temps consacré à la conformité en sont les causes principales.

D’après la FCEI, les PME ont un fardeau réglementaire plus élevé que les grandes entreprises.

En 2024, les PME de moins de cinq employés ont supporté un coût réglementaire de 10 208 $ par employé, soit plus de cinq fois celui imposé aux entreprises de 100 employés ou plus (1 374 $). De plus, elles ont consacré 198 heures par employé pour se conformer à la réglementation, contre huit heures pour les entreprises de 100 employés ou plus.

DU TEMPS MIEUX INVESTI

Les propriétaires de PME ont mentionné que réduire le coût de la conformité permettrait d’investir dans l’expansion de leur entreprise, l’embauche et les salaires, et d’améliorer l’équilibre travail-vie personnelle, stimulant ainsi la productivité et la croissance économique. 

« L’élimination d’exigences réglementaires superflues libérerait plus de 200 millions d’heures dans l’ensemble de l’économie pour effectuer des activités plus productives. Imaginez tout ce qu’un entrepreneur pourrait faire s’il pouvait récupérer ce mois qu’il consacre à la paperasserie », affirme Laure-Anna Bomal, économiste à la FCEI et coauteure du rapport.

À BAS LA PAPERASSERIE !

Dans un plan en dix points, qui comprend des mesures pour réduire la paperasserie, la FCEI recommande aux gouvernements :

  • de mesurer le fardeau réglementaire,
  • d’instaurer un mécanisme de reddition de comptes pour le public,
  • de favoriser un langage clair et simple,
  • et de faire de la responsabilisation en matière de réglementation une priorité politique.

La FCEI précise toutefois que le « rapport fait une importante distinction entre la réglementation justifiée, qui est bénéfique pour la santé, la sécurité et l’environnement, et la réglementation excessive (“paperasserie”), qui a peu ou n’a pas d’avantages ».

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La rédaction