La pénurie de main-d’œuvre s’atténue

Par La rédaction | 5 March 2025 | Last updated on 4 March 2025
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Un travailleur industriel travaille avec un collègue au chantier de conteneurs maritimes à l’étranger. Gestion de la chaîne d’approvisionnement logistique et concept d’exportation internationale de marchandises.
Ralf Hahn / iStock

Bien que la pénurie de main-d’œuvre semble se résorber, les PME continuent de faire face à d’autres défis, notamment en matière de qualifications, selon le sondage de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (CRHA), mené auprès de membres de la haute direction de PME du Québec. Ce coup de sonde est accompagné de conseils aux employeurs pour mieux relever les défis liés à la main-d’œuvre.

Si « la pénurie de main-d’œuvre s’est atténuée et le roulement de personnel a ralenti », il semble que « les employeurs continuent d’éprouver des difficultés de recrutement et que plusieurs vivent des enjeux de qualification de la main-d’œuvre », rapporte Manon Poirier, CRHA, directrice générale de l’Ordre.

En effet, chez les organisations sondées, l’enjeu de la pénurie de main-d’œuvre diminue (34 % en 2022 à 22 % en 2024), tandis que celui de la qualification de la main-d’œuvre s’accentue, passant de 10 % en 2022 à 22 % en 2024.

L’ÉCUEIL DU RECRUTEMENT

Le recrutement demeure cependant l’enjeu principal pour 41 % des organisations sondées, bien qu’il soit à la baisse par rapport à 2022 (51 %).

D’après l’Ordre des CRHA, les postes techniques ou de production sont de loin les plus difficiles à pourvoir. Toutefois, l’embauche de professionnels et de travailleurs journaliers non qualifiés représente aussi un défi significatif pour plusieurs PME.

« Les PME devront miser sur la qualité de l’expérience du candidat et une utilisation accrue des nouvelles technologies. Les PME peuvent aussi s’intéresser davantage au potentiel des candidates et candidats et à la transférabilité de leurs compétences, plutôt que chercher des profils parfaits », suggère Manon Poirier.

LE DÉVELOPPEMENT DES COMPÉTENCES, UNE PRIORITÉ

Selon l’Ordre des CRHA, avec les transformations rapides dans le monde du travail dues à la technologie et à l’évolution des politiques commerciales du Québec, le développement des compétences « sera l’un des grands enjeux des prochaines années ».

Ainsi, les PME auraient avantage à augmenter leurs investissements en formation pour pallier l’enjeu croissant de la qualification de la main-d’œuvre.

Cependant, seulement 41 % des PME interrogées consacrent chaque année 500 $ ou plus par employé à la formation, contre 49 % en 2022.

Pour la directrice générale de l’Ordre des CRHA, les PME pourraient aussi tirer profit d’activités informelles d’apprentissage, comme le coaching, le mentorat et le parrainage.

« Ces activités s’intègrent bien au quotidien des organisations, sont efficaces et leurs coûts sont souvent moindres que les formations traditionnelles », souligne Manon Poirier.

L’IA À LA RESCOUSSE

Si les organisations se donnent en moyenne une note de 7/10 pour leur niveau de maturité numérique, seulement 41 % d’entre elles se disent familières avec l’intelligence artificielle (IA).

Quant à son usage, 35 % des organisations affirment utiliser l’IA principalement pour le marketing et les ventes, la gestion des opérations ou la rédaction.

Compte tenu de l’incidence positive de l’IA sur la productivité et la compétitivité des entreprises, l’Ordre estime que « les PME pourraient accélérer le déploiement de ces technologies, si les avantages et l’accessibilité de celles-ci étaient davantage connus ».

LA MISE EN PLACE DE BONNES PRATIQUES

Néanmoins, l’Ordre des CRHA rappelle aux employeurs que l’IA est déjà utilisée de manière informelle par certains employés, ce qui comporte des risques pour l’organisation.

« Alors que l’IA générative grand public connaît une croissance fulgurante, nous suggérons aux entreprises de vérifier si leur personnel utilise ces outils ou d’autres technologies d’IA et, dans un deuxième temps, d’instaurer les bonnes pratiques notamment pour éviter que des données personnelles ou des renseignements corporatifs confidentiels soient compromis », recommande Manon Poirier.

Ce sondage, réalisé pour l’Ordre des CRHA par la firme Léger entre le 26 novembre et le 12 décembre 2024, a été mené auprès de 300 membres de la haute direction d’entreprises québécoises employant de 20 à 500 personnes.

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La rédaction