La survie de près de 600 000 entreprises est menacée

Par La rédaction | 30 May 2024 | Last updated on 29 May 2024
3 min read
Voyant d’avertissement rouge mural, tournant et clignotant, sirène de raid aérien.
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La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) calcule que si le salaire minimum obligatoire montait à 20 $, cela nuirait à la rentabilité de 600 000 entreprises.

La FCEI estime ainsi qu’un tel changement dans toutes les provinces représenterait 44,9 milliards de dollars (G$) de plus en salaire. Si l’on ne prend en compte que le Québec, cette hausse coûterait 10,25 G$ et représenterait un risque pour 141 927 PME, analyse le rapport « Abordabilité, salaire minimum et salaire de subsistance : trouver l’équilibre pour les PME ».

Au lieu d’aller de l’avant avec cette hausse substantielle du salaire minimum, la FCEI recommande au gouvernement d’adopter une nouvelle approche qui permettrait de résoudre les problèmes d’abordabilité.

La FCEI estime ainsi qu’une hausse du salaire minimum n’aiderait en rien à résoudre les causes fondamentales de l’augmentation du coût de la vie alors que cela ne ferait que grimper les coûts d’exploitation des PME.

« Souvent au pays, les politiques de fixation du salaire minimum ne tiennent pas compte de la réalité économique et reposent sur des critères subjectifs et imprévisibles. Les gouvernements devraient miser sur une approche pragmatique qui aiderait les travailleurs à composer avec l’augmentation du coût de la vie sans pour autant alourdir le fardeau des PME. Adopter un salaire minimum à 20 $/heure aurait des conséquences des plus néfastes pour les citoyens et pour l’économie », résume François Vincent, vice-président Québec à la FCEI.

UN LOURD IMPACT POUR LES PME

Pour souligner son point, la FCEI rappelle que les hausses récentes du salaire minimum ont obligé 60 % des propriétaires de PME à augmenter le salaire des autres employés et 59 % à augmenter le prix de leurs produits/services, alimentant ainsi les pressions inflationnistes actuelles.

Sans compter qu’à cause de cela, 31 % des PME ne veulent plus embaucher autant de jeunes ou de personnes sans expérience et 25 % ont simplement réduit leur personnel. La FCEI estime donc que la solution n’est pas d’augmenter encore le salaire minimum.

« La crise de l’abordabilité au Canada requiert un cadre plus efficace : il faut s’assurer que le prix du loyer, de l’épicerie et de l’essence est stable et abordable tout en soutenant les travailleurs et les PME en baissant leurs taxes et impôts. Ces mesures aideraient grandement les personnes les plus vulnérables », indique Benjamin Rousse, analyste des politiques à la FCEI.

La FCEI propose donc au gouvernement d’adopter les mesures suivantes :

  • d’aider les PME à faire face aux hausses du salaire minimum en réduisant d’autres coûts et taxes sur la masse salariale (p. ex., taux d’imposition des petites entreprises, Régime de pensions du Canada, assurance-emploi, déductions relatives à la santé ou à l’éducation, etc.) ;
  • d’instaurer des cadres pour la fixation du salaire minimum prévisibles, transparents, reflétant les conditions du marché et tenant compte des répercussions économiques ;
  • de lier les ajustements du salaire minimum à la croissance des salaires dans le secteur privé ou à un pourcentage prédéterminé du salaire médian ;
  • de s’attaquer aux causes fondamentales de la crise de l’abordabilité en accroissant l’offre de logements, en réduisant les taxes sur l’énergie et en éliminant les obstacles au commerce interprovincial et international ;
  • et de trouver des moyens plus ciblés de soutenir les travailleurs vulnérables (réduire l’impôt sur le revenu des particuliers, accroître les exemptions personnelles de base et élargir les crédits d’impôt).

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La rédaction