Le Canada a une chance en or d’inverser la tendance à la fuite des cerveaux

Par La rédaction | 28 May 2025 | Last updated on 27 May 2025
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Une femme dans une salle de cours avec d'autres étudiants. Elle écrit dans un livre.
skynesher / iStock

Les attaques de l’administration Trump contre un certain nombre de grandes universités américaines représentent une occasion pour le Canada d’attirer des universitaires au nord de la frontière, stimulant ainsi la capacité de recherche et de développement du pays, affirme le Mouvement Desjardins.

Dans un nouveau rapport, les économistes de la Coopérative constatent que l’attitude de plus en plus hostile des États-Unis à l’égard des universités américaines a affaibli le statut de ces dernières au sein de la communauté scientifique mondiale.

« Les coupes dans le financement fédéral de la recherche, les restrictions sur les critères d’attribution des bourses et une politique plus restrictive à l’égard des étudiants et des chercheurs internationaux créent un climat d’incertitude et de repli sur soi. L’enseignement supérieur aux États-Unis devient également de plus en plus politisé, ce qui sape les fondements de la liberté académique », note le document.

Pour le Canada, cette évolution offre une chance inespérée d’inverser ce qu’il est convenu d’appeler la « fuite des cerveaux ».

« L’agitation qui règne dans le monde universitaire américain représente une occasion en or pour le Canada. »

Le Canada abrite déjà certaines des meilleures universités du monde et, « jusqu’à présent, les campus canadiens ont été relativement épargnés par les tensions idéologiques qui affectent leurs homologues américains », souligne le rapport, qui ajoute que le programme de campagne du nouveau gouvernement libéral « fait allusion à des investissements dans l’innovation, le capital patient et les couloirs de recherche ».

« Il s’agit là de signaux positifs qui vont à l’encontre des tendances plus anti-intellectuelles observées chez nos voisins du sud. »

Toutefois, le Canada doit faire face à la concurrence dans le domaine de la recherche.

Les grandes universités européennes recrutent déjà activement des talents académiques dans les écoles américaines, note le rapport. Dans le même temps, la Chine gagne également en importance au niveau mondial.

« Elle augmente ses budgets, investit dans la recherche pure, développe son infrastructure universitaire et attire ou forme un pourcentage croissant des chercheurs du monde, observe les experts de Desjardins. Ce déplacement du centre de gravité scientifique mondial des États-Unis s’accélère. »

Pour commencer, « le Canada peut cibler les chercheurs canadiens qui travaillent actuellement aux États-Unis », suggèrent ces derniers.

« Une stratégie ciblée visant à faciliter le retour au pays de ces chercheurs pourrait être plus efficace et plus abordable que d’attirer des chercheurs sans racines canadiennes. »

En outre, le Canada devrait concentrer ses efforts sur les matières « pour lesquelles il dispose d’un avantage comparatif concret », continuent les auteurs du rapport.

« Il jouit déjà d’une réputation mondiale dans des domaines tels que le développement responsable de l’intelligence artificielle, les sciences de la vie et même les technologies propres. »

« Si le Canada veut maintenir, voire accroître sa capacité d’innovation dans un monde plus fragmenté, il devra créer les conditions d’un nouveau boom scientifique, adapter rapidement son système d’immigration et recruter activement des expatriés canadiens », conclut le document.

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La rédaction