Le cinquième des PME aux prises avec les tarifs

Par La rédaction | 27 August 2025 | Last updated on 26 August 2025
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Un propriétaire inquiet dans sa petite entreprise
FG Trade / iStock

Les PME les plus impactées par les tarifs douaniers américains imposés par le président Donald Trump estiment qu’elles ne survivront pas plus de six mois à moins d’un changement, selon de nouvelles données de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Les tarifs douaniers américains et canadiens sur l’acier et l’aluminium (59 %) et les contre-tarifs canadiens (58 %), ainsi que l’élimination de l’exemption de minimis sur les marchandises exportées aux États-Unis d’une valeur de 800 $ ou moins coûtent cher à certaines entreprises canadiennes.

« Les PME n’ont pas beaucoup de marge de manœuvre. Elles font leur possible pour absorber les coûts des tarifs douaniers, mais si rien ne change, elles devront prendre des décisions difficiles. Dans le contexte de la guerre commerciale, le pire scénario pour le Canada serait de conclure un accord défavorable avec les États-Unis, mais l’incertitude à laquelle les propriétaires de PME sont confrontés depuis six mois n’est pas un meilleur scénario », résume Michelle Auger, Analyste principale des politiques à la FCEI.

La guerre commerciale affecte les PME à plusieurs niveaux. Près des deux tiers (62 %) rapportent une augmentation de leurs dépenses, tandis que 48 % signalent une baisse de revenus. De leur côté, 41 % évoquent des perturbations de la chaîne d’approvisionnement, et 36 % constatent un gel de leurs investissements.

Résultats : 19 % des propriétaires estiment qu’ils ne pourraient pas assumer les coûts supplémentaires des tarifs plus de 6 mois si la situation restait inchangée, et 38 % affirment qu’ils ne pourraient pas assumer ces coûts plus d’un an.

« Pour soutenir les PME, Ottawa doit leur offrir une certaine stabilité et leur retourner les revenus générés par les contre-tarifs. Nous avons proposé plusieurs options, comme une réduction temporaire du taux fédéral d’imposition des petites entreprises à 0 % ou une remise inspirée de modèles précédents, comme celle sur la taxe carbone », continue-t-elle.

Les contre-tarifs sur les importations américaines rapportant des milliards à Ottawa, la FCEI comme 82 % des entrepreneurs sont d’avis que ces revenus devraient être réinvestis auprès des PME canadiennes touchées directement et indirectement par la guerre commerciale.

« L’impact de la guerre commerciale sur les PME canadiennes devrait être la principale préoccupation du gouvernement, alors que le Canada poursuit ses négociations avec les États-Unis. Le Canada ne pourra pas résoudre sa crise de productivité sans donner plus de moyens à ses entrepreneurs. Si le gouvernement veut bâtir une économie canadienne unifiée, il doit s’assurer que les PME fassent partie de la solution en les soutenant pour compenser le coût des tarifs en cette période difficile », conclut Simon Gaudreault, Économiste en chef et vice-président de la recherche à la FCEI.

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La rédaction