La fausse bienveillance en gestion

Par Brigitte Lespérance | 7 June 2026 | Last updated on 7 June 2026
3 min read
Gens d’affaires, informatique et analytique surveillant les statistiques de l’entreprise de graphique ou de graphique à l’écran au bureau. Femmes employées dans la collaboration de travail d’équipe en regardant des données d’entreprise.
LumiNola / iStock

J’entends souvent parler de bienveillance en gestion. Bienveillance par ci, bienveillance par là. J’ai l’impression que le mot « bienveillance » est galvaudé dans le milieu. On l’utilise partout, parfois sans vraiment l’appliquer correctement. Entendez-moi bien, on ne peut pas être contre la bienveillance. Sur papier, c’est très positif. Mais dans la pratique, il arrive que cette bienveillance soit… un peu, disons, de façade. C’est ce que j’appelle la fausse bienveillance, et ça pose plus de problèmes qu’on le pense.

C’est quoi au juste la fausse bienveillance ? C’est quand un gestionnaire veut avoir l’air gentil ou éviter les remous, mais sans vraiment aider les employés. Par exemple, quand il ne veut pas donner de rétroaction honnête pour ne pas « faire de peine », ou éviter une discussion difficile en espérant que la situation se règle toute seule. Sur le moment, ça peut sembler confortable pour tout le monde. Mais à long terme, ça nuit.

Il est facile de mélanger bienveillance et la facilité. Être bienveillant, ce n’est pas d’éviter les conversations difficiles, mais plutôt de les avoir de manière respectueuse et claire. Dire à quelqu’un qu’il y a un problème dans son travail, ce n’est pas être dur. C’est lui donner une chance de s’améliorer, même si elle peut trouver difficile de recevoir de la rétroaction. À l’inverse, ne rien lui dire, c’est la laisser dans le flou. Rien d’avantageux pour le gestionnaire, l’employé et l’organisation.

Les effets de la fausse bienveillance sont assez concrets. D’abord, les attentes ne sont pas claires. Les employés ne savent pas toujours ce qu’on attend d’eux. Il y a aussi un enjeu de confiance. Quand les paroles et les actions ne vont pas ensemble, les équipes s’en rendent compte. Un gestionnaire qui se dit à l’écoute, mais qui évite systématiquement les sujets sensibles, perd en crédibilité. Personne n’y gagne.

Vous savez, cette fausse bienveillance vient souvent d’une bonne intention. Les gestionnaires veulent garder une bonne ambiance ou avoir de bonnes relations avec leur équipe. Mais à vouloir trop éviter les tensions, on finit par créer d’autres problèmes, parfois plus importants. Une équipe saine, ce n’est pas une équipe sans friction. C’est une équipe capable de parler des vraies affaires, même quand ce n’est pas facile.

Pour éviter ces situations, il faut s’assurer de mettre en place une « vraie » bienveillance. Ça passe par la clarté, la cohérence et, j’ajouterais, d’un peu de courage managérial. Dire les choses simplement, sans agressivité, mais sans éviter d’aller au fond du message non plus. Donner du feedback régulier, pas seulement quand ça va mal. Et surtout, assumer son rôle de gestionnaire, qui est aussi d’accompagner la progression des autres et la sienne.

En résumé, la bienveillance en gestion ne doit pas être une excuse pour éviter les responsabilités. Être bienveillant, ce n’est pas toujours être confortable. C’est être juste, honnête et utile pour les autres, pour nous-même et pour l’organisation. Et ça, ça demande un peu plus d’effort que simplement vouloir être gentil.

Bon courage à ceux et celles qui en ont besoin !

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Brigitte Lespérance

Brigitte Lespérance est une leader à l’écoute des gens et des besoins, convaincue que l’impact positif d’une organisation sur les individus et la société est primordial. En tant qu’ancienne vice-présidente stratégie et développement dans une firme conseil, elle a dirigé des mandats de planification stratégique avec rigueur et écoute. Elle a également travaillé dans des environnements complexes tels que l’enseignement supérieur et le réseau de la santé, où elle a géré une grande transformation. Son approche de leadership repose sur l’inspiration, l’engagement et la bienveillance, visant à créer un environnement collaboratif et respectueux, tout en mobilisant les équipes autour d’objectifs communs.