Votre algorithme de vie est-il dû pour une mise à jour ?

Par Brigitte Lespérance | 23 February 2026 | Last updated on 20 February 2026
5 min read
Jeune homme asiatique inquiet, la main sur la tête, utilisant un ordinateur portable à la maison, l'air préoccupé et stressé.
AsiaVision / iStock

Si un contrôleur auditait votre « budget temps », quel serait à votre avis le poste de dépense le plus élevé ? Je paris que ce serait : les écrans. Une fois qu’on a admis ça, une question se pose : comment gérez-vous au quotidien ce fragile équilibre entre écrans de travail et écrans de loisir ?

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) propose des repères clairs basés sur les Directives canadiennes en matière de mouvement. Ces recommandations se concentrent spécifiquement sur le temps d’écran de loisir sédentaire. Il ne s’agit pas ici de votre temps de travail, mais bien de l’équilibre à atteindre pour favoriser une croissance et un développement sains.

Voici les balises officielles pour une journée de 24 heures :

  • 2 ans et moins : Éviter les écrans.
  • 3 à 4 ans : Limiter à moins de 1 h / jour.
  • 5 à 17 ans : Limiter à moins de 2 h / jour.
  • 18 ans et plus : Limiter à moins de 8 heures les activités sédentaires, dont un maximum de 3 heures de loisir devant un écran.

Pour consulter les détails de ces recommandations et l’impact sur la vie familiale, vous trouverez le dossier complet ici : INSPQ – Écrans et Famille.

VOTRE COMPTABILITÉ EST-ELLE « CRÉATIVE » ?

C’est ici que l’introspection commence. Quel algorithme utilisez-vous pour calculer votre propre temps ? Nous avons tous nos petites excuses pour ne pas comptabiliser certaines minutes dans notre « budget » de loisirs.

Posez-vous la question suivante : qu’est-ce qu’un temps d’écran pour vous ?

  • Est-ce que lire le journal sur votre tablette « compte », ou vous cachez-vous derrière l’argument écologique pour justifier cette consommation ?
  • Est-ce que régler un minuteur pour les pâtes ou payer votre transport avec votre téléphone entre dans votre calcul ?
  • Est-ce que votre montre intelligente, qui vibre en plein souper, est une simple extension de vous-même ou un temps d’écran supplémentaire ?
  • Est-ce qu’écouter la télévision compte ?

Au fond, la question est bien simple : votre méthode de calcul a-t-elle un algorithme différent de celui de votre voisin ? On a souvent tendance à minimiser nos propres comportements (comme utiliser son cellulaire pour payer à la caisse ou consulter ses finances) tout en jugeant le temps passé par les autres sur les réseaux sociaux. Pourtant, pour l’œil et pour l’esprit, l’interface reste la même.

JE VOUS LANCE UN DÉFI !

Cette semaine, dressez un inventaire. Notez votre temps d’écran au travail et comparez-le à votre temps de loisir. Soyez honnête envers vous-même. Les temps d’écran de loisir ne sont pas que les soirs et les fins de semaine, ils peuvent également avoir lieu sur votre temps de travail. Mais rassurez-vous, ces données resteront entre vous et vous.

Je vais vous révéler une vérité de La Palice : après une journée intense devant un moniteur pour le boulot, on cherche souvent à relaxer… devant un autre écran. C’est l’écran de compensation. On pense se reposer, mais on ne fait que prolonger une posture sédentaire que les recommandations nous suggèrent de limiter.

COMMENT DIMINUER VOTRE TEMPS D’ÉCRAN AU TRAVAIL ?

Comment pourriez-vous accomplir votre travail avec moins de temps d’écran ? Dans un monde hyperconnecté, c’est presque un acte d’héroïsme. Mais je suis certaine qu’avec un peu de volonté, vous pourriez y arriver. Voici trois pistes pour vous aider :

  • Pour les documents de référence complexes ou les rapports de 50 pages, pouvez-vous imprimer les sections clés seulement ? Lire et annoter physiquement permet souvent une meilleure vue d’ensemble et une analyse plus fine que de scroller sans fin sur un PDF.
  • Pouvez-vous troquer une rencontre en visio conférence et privilégier une rencontre en personne ou passer un simple appel téléphonique pour échapper à votre écran ?
  • Au lieu de s’envoyer des versions corrigées avec le suivi des modifications, pouvez-vous vous asseoir avec un collègue autour d’un document imprimé pour en discuter de vive voix ? La collaboration devient plus riche et l’écran s’efface au profit de l’échange humain.

COMMENT DIMINUER VOTRE TEMPS D’ÉCRAN DE LOISIR ?

Si le travail impose ses contraintes, le loisir, lui, est votre espace de liberté. Pour respecter le budget de 3 heures suggéré par l’INSPQ sans avoir l’impression de vous priver, voici quatre pistes pour transformer vos habitudes :

  1. Plutôt que de dévorer une série d’un seul coup (binge-watching) sur Netflix, imposez-vous un rythme d’un épisode par semaine. Non seulement vous économisez votre temps d’écran, mais vous prolongez le plaisir en laissant votre esprit réfléchir à l’intrigue et en cultivant la hâte de découvrir la suite.
  2. Ne laissez pas la télévision allumée « en bruit de fond » pendant que vous faites autre chose, comme préparer le souper. Si vous ne regardez pas activement l’écran, fermez-le. Le silence (ou la musique) favorise une présence bien plus riche.
  3. Privilégiez une zone « sans écran » au repas. En laissant les téléphones et les tablettes dans une autre pièce, vous évitez les micro-consultations, réflexes qui gonflent inutilement votre temps d’écran de loisir et nuisent considérablement votre présence à la table.
  4. Pour vos lectures de fin de semaine, privilégiez le livre ou le magazine papier. Contrairement à la tablette, le papier ne vous enverra pas de notification. Les bibliothèques regorgent de livres qui attendent vos yeux !

SOYEZ UN MODÈLE POUR LES VÔTRES

En prenant conscience des limites de l’INSPQ pour les enfants et les adolescents, on réalise que notre propre gestion du temps d’écran est le premier message qu’on leur envoie. Réduire l’emprise du numérique, ce n’est pas seulement suivre une directive, c’est choisir où l’on place son attention et ses priorités.

Prêt à calculer votre « budget » pour le week-end qui s’en vient ?

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Brigitte Lespérance

Brigitte Lespérance est une leader à l’écoute des gens et des besoins, convaincue que l’impact positif d’une organisation sur les individus et la société est primordial. En tant qu’ancienne vice-présidente stratégie et développement dans une firme conseil, elle a dirigé des mandats de planification stratégique avec rigueur et écoute. Elle a également travaillé dans des environnements complexes tels que l’enseignement supérieur et le réseau de la santé, où elle a géré une grande transformation. Son approche de leadership repose sur l’inspiration, l’engagement et la bienveillance, visant à créer un environnement collaboratif et respectueux, tout en mobilisant les équipes autour d’objectifs communs.