Le rythme de fusions et acquisitions reprendra en 2025

Par La Presse Canadienne | 23 October 2024 | Last updated on 22 October 2024
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Poignée de main de gens d’affaires.
OKADA / iStock

Neuf chefs de la direction canadiens sur dix envisagent de faire une acquisition au cours des trois prochaines années pour stimuler la croissance de leur entreprise, indique KPMG.

D’après deux enquêtes publiées lundi par la société, quatre chefs de la direction canadiens sur dix prévoient des transactions majeures, tandis que près des trois quarts des petites et moyennes entreprises envisagent des acquisitions.

KPMG affirme que les chefs d’entreprise canadiens considèrent les fusions et acquisitions comme leur deuxième stratégie de croissance la plus importante au cours des trois prochaines années, après la croissance interne.

Entre-temps, les petites entreprises comptent moins sur ces transactions comme principale stratégie de croissance, mais bon nombre d’entre elles prévoient toujours de faire des acquisitions dans les années à venir, et quatre pour cent d’entre elles cherchent à se faire acquérir.

« Les récentes baisses de taux d’intérêt par les banques centrales au Canada et aux États-Unis et la baisse de l’inflation donnent un nouveau souffle au marché des fusions et acquisitions », a déclaré John Cho, responsable national du groupe Services-conseils transactionnels de KPMG au Canada, dans un communiqué de presse.

« À mesure que le coût du capital diminue, les investisseurs et les sociétés sont de plus en plus confiants dans leur capacité à réaliser des acquisitions. Nous nous attendons donc à une reprise du volume des transactions. L’année 2025 pourrait même être l’une des années les plus occupées pour les fusions et acquisitions depuis longtemps », a-t-il fait valoir.

John Cho a ajouté que le nombre de cibles d’acquisition augmentera probablement aussi l’année prochaine, à mesure que les vents contraires économiques s’atténueront et que davantage de fonds de capital-investissement se retireront de leurs investissements après des années d’inactivité.

« À mesure que l’économie commencera à se redresser, un plus grand nombre de petites et de moyennes entreprises chercheront du financement pour les aider à soutenir la prochaine étape de leur croissance, a-t-il affirmé. Tous ces facteurs laissent présager un marché des fusions et acquisitions plus actif. »

Le rapport de KPMG indique que l’utilisation de capitaux privés sera une stratégie clé pour les petites et moyennes entreprises qui envisagent une expansion.

Environ 80 % des répondants au sondage ont déclaré qu’ils étaient à la recherche d’un investisseur à long terme avec des capitaux patients et des conseils pour les aider à croître, tandis que 77 % recherchent un investissement d’une durée de 10 ans ou plus.

L’obtention de capitaux privés est devenue de plus en plus importante pour les organisations canadiennes qui cherchent à croître ces dernières années, car l’alternative — l’introduction en bourse — est devenue « plus complexe et plus coûteuse », a affirmé Neil Blair, associé et président de Financement corporatif KPMG de KPMG au Canada.

« Les marchés publics sont devenus plus complexes et plus difficiles à gérer, et de nombreuses entreprises ne veulent pas faire face à cette complexité, car elle peut être coûteuse, chronophage et exigeante en ressources pour de nombreuses organisations », a-t-il expliqué.

« Les capitaux privés constituent une option intéressante pour les entreprises en croissance ; toutefois les propriétaires d’entreprise ne cherchent pas seulement du financement : ils veulent de véritables partenaires qui comprennent et valorisent leur vision et leur mission. De nos jours, les enjeux d’une transaction sont plus importants », a souligné M. Blair.

Neil Blair et John Cho ont indiqué qu’ils recommandaient aux acquéreurs et aux vendeurs éventuels d’utiliser des outils d’analyse de données et d’intelligence artificielle pour cerner les avantages concurrentiels et les synergies afin de tirer davantage de valeur d’une transaction.

Ils ont ajouté qu’il est important de disposer d’un personnel consacré aux fusions et acquisitions, ainsi que de processus et d’activités en place avant et après la transaction.

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