Le système bancaire étouffe la croissance des PME

Par La rédaction | 31 October 2024 | Last updated on 30 October 2024
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Un propriétaire inquiet dans sa petite entreprise
FG Trade / iStock

Les défis financiers et opérationnels des petites et moyennes entreprises (PME) canadiennes sont accentués par un manque de soutien de la part de leurs institutions financières, qui ne leur proposent pas des outils de financement adaptés à leurs besoins, selon un sondage récent.

D’après Rob Khazzam, cofondateur et chef de la direction de Float Financial, une plateforme de financement pour entreprises, à l’origine de l’étude, les PME canadiennes veulent croître, mais leurs efforts sont entravés par un écosystème financier peu efficace. « Les outils et processus actuels sont obsolètes et ne correspondent pas aux besoins des PME, ce qui freine leur expansion », affirme-t-il.

Selon l’étude réalisée au dernier trimestre de 2024 auprès de 700 propriétaires et directeurs financiers de PME, parmi les défis les plus fréquents figurent des coûts d’exploitation élevés, des revenus en dents de scie, des flux de trésorerie insuffisants et des difficultés d’accès aux capitaux.

Une majorité de répondants pointent l’insuffisance des flux de trésorerie comme une préoccupation majeure et disent que cette situation est aggravée par les longs délais de traitement des transactions par les institutions financières.

En outre, près de 40 % des PME sondées affirment que leur situation financière s’est détériorée au cours des 12 derniers mois en raison de l’inflation, des taux d’intérêt élevés et des perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale.

Face à ce besoin de financement, une partie des PME ont l’impression que les banques traditionnelles les négligent, indique le sondage. Près de 60 % des PME sondées se disent notamment insatisfaites des taux d’intérêt sur les comptes d’épargne et des programmes de récompenses.

Plusieurs déplorent les faibles limites de crédit sur les cartes de crédit d’entreprise et les frais élevés sur les produits financiers. La moitié des répondants estiment que le rendement de l’encaisse n’est pas concurrentiel, un facteur qui contribue à rendre leur gestion des finances plus complexe.

La relation des PME avec leur institution financière s’en retrouve impactée. Près de la moitié des PME interrogées disent ne pas se sentir soutenues par leurs banques et croient que leurs recommandations financières ne les aident pas à prendre de meilleures décisions d’affaires. Ces problèmes touchent particulièrement les nouvelles entreprises, qui sont plus susceptibles de rencontrer des difficultés pour trouver des capitaux.

L’étude met également en lumière l’impact des outils financiers peu efficaces sur la gestion quotidienne des entreprises. Environ la moitié des dirigeants de PME interrogés trouvent que ces outils sont peu intuitifs et que leur intégration avec d’autres systèmes est difficile. Ces enjeux ont contribué à amplifier les problèmes financiers de bon nombre de PME durant la dernière année.

De plus, le temps qu’elles consacrent à saisir manuellement des données et à corriger des erreurs dans leurs dossiers financiers gruge leurs ressources. Dans l’ensemble, les entreprises n’ont pas une vue d’ensemble de leurs flux de trésorerie, ce qui les empêche de planifier efficacement l’avenir.

Malgré ces obstacles, l’étude souligne que la majorité (87 %) des sondés se disent confiants dans leur rendement actuel, et que 60 % sont plus optimistes qu’il y a un an. Près de la moitié des répondants prévoient une croissance des bénéfices de plus de 10 % pour l’année à venir.

Si elles avaient accès à davantage de capitaux, 38 % des PME investiraient dans l’expansion et l’amélioration des opérations, tandis que 33 % embaucheraient du personnel ou augmenteraient les salaires. D’autres envisageraient d’accumuler des réserves de trésorerie (33 %) ou d’allouer des fonds au développement de nouveaux produits ou services (32 %). 

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La rédaction