Les chefs d’entreprise craignent une récession

Par La rédaction | 2 June 2025 | Last updated on 30 May 2025
3 min read
Couple using digital tablet alternate text for this image
WavebreakmediaMicro / AdobeStock

Les chefs d’entreprise canadiens demandent au gouvernement « d’agir de toute urgence » pour éviter une récession et de les aider à investir pour la croissance, révèle un sondage de KPMG.

KPMG Canada a sondé 250 dirigeants de moyennes et grandes entreprises, tous secteurs confondus, entre le 9 et le 20 mai 2025. Voici les principales conclusions :

L’AUDACE D’INVESTIR DANS LA TECHNOLOGIE

En réponse à l’appel à relever les défis de productivité, 75 % des 250 chefs d’entreprise canadiens interrogés affirment que leurs entreprises investissent maintenant autant, voire plus, que leurs concurrents américains et mondiaux dans la technologie, la machinerie, l’équipement et la propriété intellectuelle.

Selon 92 % des répondants, les entreprises canadiennes doivent d’ailleurs intensifier leurs investissements dans les technologies, sinon elles risquent de creuser davantage leur retard par rapport aux États-Unis.

Par ailleurs, 88 % estiment que les entreprises canadiennes doivent faire preuve de plus d’audace et ne pas attendre que l’adoption d’une technologie soit généralisée pour agir.

Concrètement, 75 % des dirigeants sondés déclarent que leurs efforts de numérisation ont généré les rendements et les avantages escomptés.

De même, 75 % indiquent que leurs investissements dans l’intelligence artificielle ont augmenté leur productivité de 10 % ou plus, et 37 % affirment que ces investissements l’ont améliorée de plus de 20 %.

L’IMPACT NÉGATIF DES TARIFS DOUANIERS

Or, 59 % des chefs d’entreprise sondés disent ne pas avoir les moyens d’investir dans le type de technologies qui amélioreraient leur productivité dans le contexte économique actuel.

D’après le sondage, les tarifs douaniers américains ont étranglé les revenus et réduisent les fonds réservés à l’investissement continu.

Dans ce contexte, 90 % des dirigeants affirment que les gouvernements « doivent agir de toute urgence pour veiller à ce que le Canada demeure concurrentiel et prospère ».

Un sondage de KPMG en 2024 a montré que les grandes entreprises canadiennes investissent davantage que leurs homologues à l’échelle mondiale. Toutefois, beaucoup de ces investissements en sont encore à leurs débuts et n’ont pas suffi à rattraper le retard accumulé en raison d’un sous-investissement technologique prolongé.

LES PRIORITÉS DU SECTEUR PRIVÉ

Face à l’incertitude économique continue, 76 % des répondants se préparent à une éventuelle récession au Canada en prenant des mesures appropriées.

Afin d’atténuer les effets d’un ralentissement potentiel, les chefs d’entreprise ont établi leurs priorités pour le gouvernement canadien :

  • éliminer les obstacles au commerce interprovincial et harmoniser la réglementation et les titres de compétences (64 %) ;
  • entreprendre un examen fiscal complet pour améliorer la compétitivité (58 %) ;
  • et simplifier les processus et accélérer les projets de ressources et d’infrastructures majeures (56 %).

LE CANADA, UN MARCHÉ EN CROISSANCE

Pour 82 % des chefs d’entreprise, l’élimination des barrières commerciales interprovinciales améliorera l’efficacité et la productivité de leur entreprise.

Par ailleurs, 77 % des répondants estiment que le mouvement « Achetons canadien » a contribué à accroître leurs ventes, et 87 % disent que celui-ci a incité leur entreprise à considérer le Canada comme un marché en croissance.

D’ailleurs, 84 % « espèrent que le mouvement Achetons canadien ne s’effondrera pas » parce qu’ils « en ont besoin pour compenser l’incertitude commerciale persistante avec les États-Unis ».

LA VOIE DE LA DIVERSIFICATION

Selon le sondage, 75 % des chefs d’entreprise ne considèrent plus les États-Unis comme un marché fiable et 79 % diversifient leurs marchés d’exportation pour réduire leur dépendance au marché américain.

Enfin, l’étude révèle que, même si l’incertitude commerciale avec les États-Unis était résolue, 90 % des répondants « continueront de diversifier leurs activités vers d’autres marchés ».

Abonnez-vous à nos infolettres

La rédaction