Les chefs d’entreprise s’inquiètent de deux choses

Par Kevin Press | 8 August 2025 | Last updated on 7 August 2025
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Un propriétaire inquiet dans sa petite entreprise
FG Trade / iStock

Les dirigeants d’entreprise canadiens sont très inquiets, selon les derniers résultats de l’indice de confiance des entreprises du Conference Board du Canada. Au cours des 11 années d’existence de l’étude, le résultat n’a été aussi mauvais qu’une seule fois — au premier trimestre 2020, lorsque la COVID-19 s’est installée.

L’indice a perdu 1,5 point pour s’établir à 63, par rapport au score de référence de 100 enregistré en 2014. Cela fait maintenant plus de trois ans qu’il se situe aux alentours de 80. L’enquête la plus récente a été menée sur le terrain du 23 juin au 11 juillet.

« L’environnement est très incertain, constate Jake Lenarduzzi, économiste principal, prévisions économiques au Conference Board du Canada, en entrevue. Les chefs d’entreprise, en ce qui concerne l’investissement du moins, adoptent une approche peu encline au risque. »

Le président américain Donald Trump a annoncé le 10 juillet une hausse des droits de douane de 25 % à 35 % touchant une série de produits canadiens. Cette mesure est entrée en vigueur le 1er août. Étant donné que cette nouvelle est tombée l’avant-dernier jour du sondage, l’indice aurait certainement été encore plus bas si les répondants avaient été interrogés après sa diffusion.

L’érosion de la confiance des chefs d’entreprise date d’avant l’investiture de Donald Trump, mais il est clair que son arrivée au pouvoir a ébranlé les chefs d’entreprise. L’indice est ainsi passé de 74,5 en décembre 2024 à 64,5 en mars 2025.

« Depuis l’entrée en vigueur de la présidence de Donald Trump, il n’y a pas eu beaucoup d’éléments positifs », observe Jake Lenarduzzi.

Plus de 40 % des chefs d’entreprise ont mentionné deux sources majeures d’inquiétude qui les empêchent de dormir :

  • les politiques gouvernementales
  • et la faiblesse de la demande du marché.

La première reflète plus que l’environnement de réduction des risques provoqué par les négociations commerciales agressives de la Maison Blanche. Le rapport du Conference Board met en évidence les conflits au Moyen-Orient et l’affaiblissement des prévisions économiques sur de nombreux marchés.

« Cette incertitude s’est également répercutée sur les marchés des produits de base, essentiels au secteur des ressources naturelles du Canada, où les prix du pétrole et des produits agricoles ont fait preuve d’une grande volatilité au cours des derniers mois », peut-on lire dans le rapport.

Ce qui est frappant dans cette chute précipitée de la confiance, c’est qu’il ne s’agit pas d’un groupe connu pour son catastrophisme. Depuis son lancement il y a 11 ans, l’enquête reflète la nature sûre et généralement optimiste de ceux qui occupent les postes de direction au Canada.

À l’automne 2009, moins d’un an après le début de la Grande Récession, l’indice était de 97,8. La Presse canadienne rapportait alors que « 63 % des chefs d’entreprise interrogés s’attendaient à ce que l’économie s’améliore au cours du prochain semestre, contre seulement 7 % qui pensaient qu’elle se détériorerait ».

Quelles sont les perspectives aujourd’hui ? Environ 46 % des personnes interrogées ont déclaré que l’économie allait s’affaiblir au cours des six prochains mois. Seuls 15 % prévoient une amélioration.

Près de 69 % des sondés ont déclaré que leur entreprise fonctionnait en deçà de ses capacités. Plus de la moitié d’entre eux (54,4 %) estiment que le moment est mal choisi pour investir dans de nouvelles installations. Et seulement 15,2 % des entreprises prévoient une augmentation de leur rentabilité dans les mois à venir. Il s’agit là d’un nouveau record à la baisse, selon le rapport.

« Nous ne sommes pas encore rendus au point où l’on peut parler d’une reprise durable », conclut Jake Lenarduzzi.

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Kevin Press

Kevin Press est directeur éditorial de Advisor.ca. Il est joignable à l’adresse kevin@newcom.ca.