Les chefs d’entreprise veulent davantage de soutien

Par La rédaction | 28 October 2025 | Last updated on 27 October 2025
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Des collègues discutent en marchant dans un entrepôt.
FG Trade / iStock

Les chefs d’entreprise profitent du prochain budget pour formuler leurs demandes. Ces derniers espèrent ainsi davantage de soutien du gouvernement, notamment grâce à un accès élargi au capital et à un réaménagement structurel du régime fiscal.

En effet, neuf répondants sur dix espèrent que le gouvernement offrira davantage d’options de financement et de prêts pour les entreprises, notamment en raison des tarifs douaniers. Même si ceux-ci touchent davantage certains secteurs, toutes les entreprises affirment en ressentir les contrecoups, notamment en raison :

  • d’une hausse des coûts,
  • d’une perte de revenus,
  • d’une réduction de la compétitivité,
  • d’une interruption des investissements
  • ou de l’élimination de l’exemption qui permettait le traitement en franchise de droits des envois d’une valeur de moins de 800 $ US. 

« Notre sondage a mis en lumière la nécessité pour le gouvernement canadien d’investir dans l’amélioration de l’environnement commercial en élargissant l’accès au financement et aux capitaux à faible coût, en accordant des allégements fiscaux qui attirent les investissements, en réduisant les formalités administratives et en favorisant l’innovation des entreprises », souligne Lucy Iacovelli, associée directrice canadienne, Fiscalité et KPMG cabinet juridique.

Dans le détail, 84 % des sondés qui font directement affaire avec nos voisins du Sud rapportent une augmentation de leurs coûts opérationnels.

Par ailleurs, 96 % des répondants estiment que la dépendance à l’égard des États-Unis est très risquée pour l’avenir économique du pays et sont conscients de devoir diversifier les échanges commerciaux et trouver de nouveaux partenaires stratégiques fiables.

« Comme les tarifs douaniers imposés par les États-Unis nuisent à l’économie canadienne, la grande majorité des chefs d’entreprise appuient les plans du gouvernement visant à relever les défis économiques du Canada et à faire des investissements en capital qui procurent des avantages à long terme », assure Lucy Iacovelli.

« Cependant, de façon plus urgente, de nombreuses entreprises cherchent du soutien pour faire la transition de leurs activités au-delà du marché américain, afin de pouvoir participer aux occasions de Bâtir un Canada meilleur et d’être concurrentielles sur la scène mondiale », continue-t-elle.

Ainsi les entreprises estiment que le gouvernement devrait atténuer les obstacles auxquels elles font face pour participer à la stratégie de construction de la nation du Canada. La plupart insistent sur le besoin d’un soutien transitoire accru en prévision de l’incertitude entourant le renouvellement de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique en 2026.

DES MESURES ESPÉRÉES

Parmi les mesures proposées, 92 % des sondés souhaiteraient que le gouvernement améliore l’accès aux marchés au Canada, notamment en simplifiant la réglementation provinciale, en améliorant la mobilité de la main-d’œuvre et en réduisant les coûts de transport.

Neuf entreprises sur dix demandent des mesures incitatives et du soutien pour aider les entreprises canadiennes à s’adapter, à se doter de nouveaux outils et à développer de nouveaux produits et services pour les marchés étrangers.

La très grande majorité (97 %) croit que le gouvernement a tout intérêt à réorienter et élargir ses programmes pour aider les entreprises à accéder aux marchés autres que les États-Unis.

« Bien que le prochain budget fédéral doit comprendre un investissement générationnel dans la construction de l’économie, le gouvernement doit également engager des dépenses qui fournissent un répit immédiat et soutiennent les capitaux pour les entreprises et les secteurs qui éprouvent des difficultés en ce moment », résume Lucy Iacovelli.

RÉFORME FISCALE DEMANDÉE

La majorité des répondants soulignent que le Canada devrait travailler à une nouvelle stratégie industrielle nationale pour être concurrentiel sur les marchés mondiaux.

Une réforme fiscale pourrait, selon les sondés, répondre non seulement aux besoins des entreprises, mais aussi améliorer l’économie à l’avenir. Ils suggèrent ainsi de collaborer avec les gouvernements provinciaux pour réduire le taux global d’imposition des sociétés canadiennes (de 2 à 4 %) pour attirer plus d’investissements et d’activités entrepreneuriales et rétablir un avantage concurrentiel par rapport aux États-Unis. 

La plupart recommandent également de mettre en œuvre un calendrier de réforme fiscale qui réduira l’impôt des sociétés et stimulera la compétitivité.

« De toute évidence, le gouvernement fait face à des choix financiers difficiles dans le prochain budget, car les dépenses semblent dépasser considérablement les revenus, et des augmentations supplémentaires des emprunts augmentent déjà les coûts du service de la dette, déclare Brian Ernewein, conseiller principal, Fiscalité nationale, KPMG au Canada. Si la taille du gouvernement ne diminue pas, ses revenus doivent augmenter. Cependant, il est difficile de voir où il est possible d’augmenter l’impôt sur le revenu des particuliers ou des sociétés. En fait, les taux d’imposition des particuliers les plus élevés actuels nuisent probablement à la productivité et à la croissance, et un taux d’imposition des sociétés fédéral-provincial combiné moins élevé est nécessaire pour rétablir l’avantage concurrentiel du Canada en matière de taux d’imposition. »

« Ces réalités soulignent la nécessité pour le gouvernement de revoir le niveau des différentes taxes à la consommation, ajoute Brian Ernewein. Toutes les taxes, y compris les taxes à la consommation, entraînent des coûts pour l’économie. Cependant, les taxes à la consommation causent moins de dommages que l’impôt sur le revenu des particuliers ou des sociétés et représentent une source stable de revenus pour le gouvernement. »

KPMG Canada a mené un sondage auprès de 501 entreprises canadiennes du 11 septembre au 2 octobre 2025.

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La rédaction