Les dirigeants canadiens : confiants, mais sous pression

Par La rédaction | 16 October 2024 | Last updated on 15 October 2024
3 min read
Homme d’affaires travaillant sur l’ordinateur portatif. Celui-ci se tient la tête entre les mains.
martin-dm / iStock

Malgré une confiance générale envers les perspectives de croissance de leur entreprise, les dirigeants canadiens ressentent une pression croissante liée aux enjeux ESG et à la productivité, révèle le plus récent sondage de KPMG International, Perspective des chefs de la direction 2024.

« Il n’est pas surprenant que les chefs de la direction soient confiants après avoir traversé l’une des périodes les plus turbulentes de l’histoire récente des affaires, mais ils reconnaissent qu’ils se sentent maintenant pressés de diriger leur organisation », rapporte Benjie Thomas, chef de la direction et associé principal chez KPMG au Canada.

Bien que 76 % des chefs d’entreprise des grandes sociétés et 92 % des dirigeants de PME (petites et moyennes entreprises) se montrent optimistes quant à la croissance de leur organisation pour les trois prochaines années, une majorité reconnaît faire face à des défis importants.

Les chefs d’entreprise se concentrent notamment sur la mise en œuvre de stratégies liées aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Au Canada, la moitié des dirigeants de grandes entreprises se disent prêts à répondre aux attentes élevées des parties prenantes concernant les enjeux ESG. Cette proportion dépasse de loin celle observée à l’échelle mondiale (34 %).

L’intelligence artificielle (IA) générative, quant à elle, devient une priorité majeure. Après une phase d’attentisme, les PME canadiennes, qui avaient pris du retard sur les grandes entreprises en matière d’IA, se mettent à investir dans ce domaine. En effet, 59 % des chefs de la direction affirment que l’IA générative figure parmi leurs priorités d’investissement, bien que ce chiffre soit en baisse par rapport à l’an dernier.

DES PRIORITÉS AXÉES SUR LA PRODUCTIVITÉ ET LA CYBERSÉCURITÉ

Face à une conjoncture économique marquée par des incertitudes, les chefs d’entreprise concentrent leurs efforts sur l’optimisation de la productivité et la gestion des risques. Le sondage révèle que le risque opérationnel et la cybersécurité sont en tête des préoccupations des dirigeants canadiens. Ils s’efforcent également de préparer leurs organisations aux défis de la chaîne d’approvisionnement et aux menaces climatiques.

Pour les PME, la cybersécurité se situe également au sommet des priorités, suivie par les technologies émergentes et la sécurité énergétique. Environ 84 % des PME s’attendent à ressentir les répercussions de la pénurie de main-d’œuvre, notamment en raison des départs à la retraite et du manque de talents qualifiés.

RETOUR AU BUREAU : DEUX VISIONS CONTRASTÉES

En matière de gestion des équipes, les chefs de grandes entreprises privilégient un retour au bureau à temps plein. Près de 83 % des dirigeants estiment que leurs employés devraient revenir à temps plein dans les trois prochaines années, contre seulement 55 % l’an dernier. À l’inverse, seulement 20 % des PME espèrent que leurs équipes reviennent au bureau du lundi au vendredi. Une majorité prévoit plutôt de maintenir une flexibilité avec un modèle hybride, estimant que cette option pourrait favoriser l’attraction de talents diversifiés.

La pénurie de main-d’œuvre reste une préoccupation majeure, particulièrement pour les PME, dont 84 % s’attendent à ressentir les répercussions de l’évolution du marché du travail.

Le sondage de KPMG a été mené au cours de l’été 2024 auprès de 1 325 chefs de la direction d’entreprise dont le chiffre d’affaires annuel est supérieur à 500 millions de dollars américains. Ils provenaient de 11 marchés clés (Australie, Canada, Chine, France, Allemagne, Inde, Italie, Japon, Espagne, Royaume-Uni et États-Unis) et 11 secteurs d’activités (gestion d’actifs, automobile, services bancaires, consommation et commerce de détail, énergie, infrastructure, assurance, sciences de la vie, fabrication, technologie et télécommunications).

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La rédaction