Les entreprises s’inquiètent de l’impact des changements climatiques

Par La rédaction | 2 August 2024 | Last updated on 2 August 2024
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Énorme incendie de forêt dans les forêts de pins rouges
AegeanBlue / iStock

La grande majorité (92 %) des chefs d’entreprise canadiens craignent que les conditions météorologiques extrêmes et les catastrophes naturelles deviennent la nouvelle norme et cela au détriment de leurs profits, révèle une nouvelle étude de KPMG Canada.

« Les événements météorologiques extrêmes des dernières années ont fait ressortir le coût des changements climatiques pour l’économie canadienne et le résultat net des entreprises, explique Roopa Davé, leader nationale, Risques climatiques, KPMG au Canada. Les feux de forêt, les inondations, les ouragans et la chaleur extrême sont autant d’événements dévastateurs qui ont eu une incidence sur la rentabilité de plus de la moitié des entreprises canadiennes. Même ceux qui ont échappé aux dommages craignent d’être frappés cette année, et plus des deux tiers d’entre eux sont très ou extrêmement préoccupés. »

En effet, les événements météorologiques ont un impact direct sur les profits des entreprises, comme en témoigne la baisse de rentabilité constatée par 56 % d’entre elles l’année dernière. De plus, 49 % ont enregistré une augmentation considérable de leurs coûts en raison de divers problèmes tels que :

  • la perte de productivité,
  • les interruptions dans les chaînes d’approvisionnement
  • et l’augmentation des coûts d’assurance.

« Les entreprises commencent à traiter les risques climatiques de la même façon que les autres risques d’entreprise et à prendre les mesures nécessaires pour s’adapter et élaborer des stratégies d’atténuation qui les aident à composer avec des événements météorologiques de plus en plus imprévisibles. Une solide évaluation des risques climatiques comprend de multiples facteurs intégrés, y compris les répercussions potentielles sur les installations, les chaînes d’approvisionnement et le modèle d’affaires d’une entreprise », constate Roopa Davé.

JAMAIS À L’ABRI

La plupart des répondants (92 %) au sondage sont conscients de la possibilité et de la probabilité d’événements météorologiques se produisant à tout moment. Un peu plus de la moitié d’entre eux ont déjà souffert de tels phénomènes : en effet, 57 % ont vu leurs activités directement affectées, notamment par des pannes d’électricité, des interruptions d’approvisionnement en eau, de communication et d’autres services publics.

Un autre 50 % dit que la productivité des employés était directement touchée et 30 % affirment que leur assurance a été annulée ou que les « coûts ont considérablement augmenté »

Résultats, 89 % des entreprises canadiennes sont bien décidées à trouver des moyens de réduire leur impact sur l’environnement et 88 % se disent prêtes à investir davantage pour soutenir leurs objectifs climatiques.

« Les entreprises ont renforcé leur engagement à l’égard du développement durable et sont prêtes à investir davantage pour atteindre leurs objectifs en matière de climat, mais bon nombre d’entre elles font face à un certain nombre d’obstacles », rapporte Doron Telem, associé et leader national, Enjeux ESG, KPMG au Canada.

Cependant, le cadre réglementaire de plus en plus complexe pose des défis supplémentaires aux entreprises. Selon Doron Telem, cette complexité est l’un des facteurs ayant freiné les investissements dans la décarbonation. Il souligne que seuls 33 % des entreprises ont incorporé des critères de durabilité dans la conception des produits, les processus de fabrication et les opérations de la chaîne d’approvisionnement.

« Les organisations ne devraient pas attendre la réglementation pour atteindre leurs objectifs de développement durable. Ils devraient se concentrer sur la création de valeur et la protection en créant et en exécutant des plans de transition pour réduire les émissions aujourd’hui. Il est essentiel de comprendre quels projets peuvent avoir un RCI positif et, en parallèle, quelles opérations créent des défis pour atteindre les objectifs de développement durable et nécessitent des approches de rechange », réagit-il.

Ce sondage a été mené par KPMG entre le 5 et le 15 juin 2024 auprès de propriétaires d’entreprises ou de cadres supérieurs de 350 entreprises canadiennes avec l’aide du groupe de recherche sur les affaires de Sago. À noter que 31 % des entreprises interrogées ont un chiffre d’affaires brut annuel de 500 millions de dollars (M$) à un milliard de dollars, 23 % ont un chiffre d’affaires brut annuel de 100 M$ à 299 M$, 23 % ont un chiffre d’affaires brut annuel de 300 M$ à 499 M$ et 10 % ont un chiffre d’affaires brut annuel de plus d’un milliard de dollars. Aucune entreprise n’a été sondée avec un revenu brut annuel inférieur à 10 M$. 

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La rédaction