Les investisseurs sceptiques quant à l’évolution de la rémunération des dirigeants

Par James Langton | 6 October 2025 | Last updated on 3 October 2025
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Andrii Dodonov / iStock

Alors que de plus en plus d’entreprises retirent les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) ainsi que ceux liés à la diversité, l’équité et l’inclusion (DEI) de leurs régimes de rémunération des dirigeants, un vif désaccord oppose investisseurs et émetteurs sur la manière dont ces changements devraient être évalués par les cabinets de conseil en vote, selon le plus récent sondage sur les politiques de vote d’ISS Governance.

La firme a publié les résultats de son sondage annuel mondial sur les politiques de référence, qu’elle utilise pour élaborer ses politiques de vote en vue de la prochaine saison des assemblées.

Le sondage s’est penché sur divers enjeux allant des droits des actionnaires à la gouvernance, en passant par les propositions d’actionnaires et la rémunération des dirigeants.

Selon le rapport, la question qui a suscité le plus d’attention parmi les répondants canadiens est la tendance des entreprises à retirer les critères ESG et/ou DEI de leurs mécanismes de rémunération incitative. Ce mouvement est alimenté par le climat politique changeant, marqué par l’hostilité croissante envers l’ESG et la DEI aux États-Unis, ainsi que par le risque perçu de maintenir ces considérations.

Le sondage a notamment relevé que plusieurs entreprises ont supprimé ces critères non seulement des nouvelles attributions, mais aussi de récompenses déjà accordées, mais non acquises. Il a rappelé qu’« ISS et de nombreux investisseurs considèrent traditionnellement les changements apportés à des attributions déjà en cours de manière négative, à moins qu’une entreprise ne fournisse une justification convaincante pour cette décision ».

Le sondage a donc demandé aux répondants comment ISS devrait traiter ce type de changements dans le contexte actuel.

Les investisseurs ont largement exprimé leur opposition à ces modifications, 73 % d’entre eux estimant qu’il faut continuer à les voir négativement, contre seulement 24 % des répondants non investisseurs. À l’inverse, 27 % des investisseurs et 76 % des non-investisseurs ont affirmé que l’abandon des critères ESG/DEI ne devrait pas, en soi, être considéré comme problématique.

À la suite de ce sondage, ISS publiera dans les prochaines semaines ses politiques de vote proposées pour la prochaine saison des assemblées, lesquelles feront l’objet d’une consultation publique. L’organisation prévoit de finaliser ses politiques de vote d’ici la fin novembre.

Le sondage a recueilli un total de 248 réponses, dont 165 provenant d’investisseurs institutionnels et d’organisations affiliées aux investisseurs, et 83 de sociétés, d’organisations alignées sur les entreprises et d’autres répondants non-investisseurs.

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.