Les organisations canadiennes croient en la technologie

Par La rédaction | 15 November 2024 | Last updated on 14 November 2024
5 min read
Technologie numérique, femme d’affaires tenant sur l’IA pour commander la recherche d’informations commerciales, travailler dans le commerce électronique, freelance, réseau internet et cybersécurité de centre de données.
Chayada Jeeratheepatanont / iStock

Les organisations canadiennes semblent croire davantage aux solutions technologiques que leurs homologues à l’échelle mondiale. Elles investissent donc davantage dans ce domaine, ce qui s’avère judicieux, car elles obtiennent des rendements impressionnants sur leurs investissements, selon le Rapport mondial sur la technologie 2024 de KPMG International

L’enquête révèle que de nombreux répondants canadiens investissent ou envisagent d’investir à court terme dans la technologie. Parmi les domaines ciblés, on retrouve notamment :

  • l’intelligence artificielle (IA) et l’automatisation
  • l’informatique quantique
  • la cybersécurité,
  • l’analyse de données,
  • et l’infonuagique.

« Après des années de sous-investissement relatif, les organisations canadiennes ont fait un virage important et investissent maintenant davantage dans la technologie que leurs homologues étrangères, ce qui témoigne d’un grand pas en avant. Grâce à des investissements plus soutenus, la productivité du Canada pourrait enfin connaître une hausse considérable », se réjouit Stephanie Terrill, associée directrice canadienne, Transformation numérique chez KPMG.

La grande majorité des répondants (89 %) indique que leurs investissements technologiques ont été motivés par des projets pilotes réussis et des tests de validation de différentes solutions. Parmi les technologies les plus rentables au cours des deux dernières années, on note l’IA, qui a permis à plus de la moitié des répondants (56 %) de constater une augmentation de leurs investissements de 10 % ou plus, suivie de la cybersécurité (56 %) et de l’analyse de données (53 %).

« La crise de la productivité au Canada s’explique par une faiblesse chronique des investissements des entreprises, et notre sondage montre clairement que lorsque les entreprises investissent dans la technologie, elles améliorent leur productivité et leur rentabilité. Le Canada peut améliorer sa position concurrentielle dans le monde si un plus grand nombre d’entreprises s’engagent à faire des investissements durables et à long terme dans la technologie. »

LA POPULARITÉ DE L’IA

Bien que les répondants aient accéléré la mise en œuvre de technologies dans les domaines de l’analyse de données, de la cybersécurité et de l’infonuagique, c’est l’IA et l’automatisation qui affichent la plus forte progression. Près de la totalité des sondés (99 %) rapportent avoir commencé à déployer l’IA, ce qui représente une augmentation de 39 % par rapport à l’année dernière.

La majorité des répondants (79 %) rapportent avoir commencé à exploiter l’IA et avoir obtenu un retour sur investissement en plus d’avoir constaté une incidence positive sur la rentabilité de leur organisation.

« Les leaders en technologie au Canada comprennent pourquoi la mise en œuvre de l’IA est transformatrice pour leur organisation : près de huit répondants sur dix affirment que l’IA aide les spécialistes de l’information dans leur organisation à devenir plus productifs, ce qui améliore leur performance globale », résume Ven Adamov, associé et leader national, Analyse de données, Services en gestion des risques chez KPMG. 

Cependant, Ven Adamov observe que parmi les répondants ayant commencé à mettre en œuvre l’IA, seulement 38 % avancent de manière proactive par rapport à leur stratégie, tandis que plus de la moitié (56 %) accusent un retard, souvent en raison des délais d’approbation des investissements.

« Les organisations qui accusent du retard dans la mise en œuvre de l’IA doivent éliminer les obstacles qui les empêchent de progresser. Souvent, les investissements en IA sont retardés parce que certains risques n’ont pas été traités ou parce que des risques nouveaux ou imprévus émergent. La mise en œuvre d’un cadre d’IA de confiance dès le départ peut aider à réduire le nombre d’obstacles imprévus qui surgissent pendant la phase de mise en œuvre de l’IA. En l’absence de réglementation prescriptive, il existe des pratiques exemplaires éprouvées qui peuvent être adoptées à cette fin », ajoute-t-il. 

PEUR DES DÉPENSES EXCESSIVES

Si nombre d’organisations investissent dans la technologie, 78 % des répondants craignent des dépenses excessives en technologie.

« D’où vient l’aversion pour le risque? Elle vient de l’inconnu. Pour être à l’aise avec le risque, il faut d’abord que la haute direction ait à la fois la vision et les connaissances nécessaires pour aller de l’avant. Les organisations qui se démarqueront dans l’année à venir sont celles qui auront le courage d’adopter stratégiquement les technologies émergentes », affirme Sanjay Pathak, associé et leader national, Stratégie technologique et transformation numérique.

Ce dernier estime qu’avec l’évolution rapide des nouvelles technologies telles que l’IA générative, les responsables de la technologie ainsi que les chefs de la direction et les conseils d’administration sont de plus en plus tenus d’avoir un niveau de compréhension élevé des nouvelles technologies, et si les dirigeants d’entreprises estiment qu’ils n’en savent pas assez sur la technologie, cela peut créer un sentiment de nervosité, d’hésitation et de peur de prendre des risques. 

« La formation peut contribuer à apaiser ces craintes et aider les chefs d’entreprise à expérimenter et à adopter plus facilement les nouvelles technologies. La fonction technologique peut jouer un rôle de premier plan dans l’amélioration de la culture technologique d’une organisation. Les leaders du numérique donnent des moyens d’action aux responsables de la technologie et leur donnent une voix à la table de décision. Cela aide grandement les dirigeants, les conseils d’administration et les employés à comprendre comment exploiter les nouvelles technologies pour créer de la valeur », ajoute-t-il.

Pour aider les organisations à maximiser la valeur de leurs investissements, Sanjay Pathak leur recommande d’harmoniser la technologie, les dirigeants et la stratégie commerciale. Il leur conseiller également de s’inspirer des pratiques de leurs concurrents et d’adopter une philosophie favorisant l’expérimentation de nouvelles technologies dans des cas d’utilisation limités et contrôlés.

« La seule stratégie efficace pour faire face au changement n’est pas de le craindre et d’y résister, mais de l’accueillir et de l’utiliser à son avantage, en faisant appel à ses capacités de réflexion critique tout au long du processus. Pour reprendre un dicton célèbre, je dirais que la fortune sourit à ceux qui font preuve d’audace et de détermination », appuie Ven Adamov.

Cette étude a été menée par KPMG International auprès de 2 450 responsables de la technologie entre le 3 mai et le 26 juin 2024. Parmi les répondants, 150 provenaient du Canada.

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La rédaction