Les PME en région réclament plus d’accompagnement en innovation

Par La rédaction | 30 May 2025 | Last updated on 30 May 2025
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Des collègues discutent en marchant dans un entrepôt.
FG Trade / iStock

Malgré un vaste réseau de conseillers économiques pour accompagner les entreprises québécoises en région, les besoins en expertise technologique et en innovation restent largement insatisfaits, révèle une étude menée pour le ministère de l’Économie conçue pour poser les bases du futur Plan PME 2025-2028 du gouvernement du Québec, qui vise une vision concertée de l’accompagnement et du financement des entreprises locales.

Publié récemment par le député d’Abitibi-Est Pierre Dufour en collaboration avec MCE Conseils, le rapport Dufour dresse un portrait détaillé de l’écosystème d’accompagnement des PME au Québec. Basée sur plus de 50 entrevues et des sondages auprès de 515 entreprises et 51 organismes de développement économique (ODE), cette étude met en lumière les forces et faiblesses du système actuel.

UN ÉCOSYSTÈME PERFORMANT, MAIS PERFECTIBLE
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les 101 organismes locaux de développement économique du Québec emploient environ 1 600 personnes, dont 600 conseillers spécialisés. En 2023, ces structures ont accompagné près de 15 000 entreprises et accordé plus de 200 millions de dollars en financement, créant ou maintenant 16 724 emplois.

« Le niveau de satisfaction des entreprises face aux services des ODE est élevé », souligne le rapport, avec 86 % des répondants se déclarant satisfaits de l’accompagnement reçu. Le programme Accès Entreprise Québec (AEQ), lancé en 2020 avec un budget de 200 000 $ par territoire de MRC, représente désormais 40 % de la capacité d’accompagnement des organismes locaux.

Malgré ces résultats encourageants, des lacunes subsistent. L’innovation arrive en tête des besoins non couverts, avec 27 % des entreprises réclamant plus de soutien dans ce domaine. La commercialisation (25 %), l’entrepreneuriat (20 %) et la transformation numérique (19 %) complètent ce palmarès des manques identifiés.

DES RECOMMANDATIONS
Pour répondre à ces défis, le rapport propose six axes d’intervention, dont deux ressortent particulièrement :

  • Renforcer la synergie entre les acteurs territoriaux et Investissement Québec, notamment à travers un partage structuré d’information, la mutualisation d’expertises spécialisées et une meilleure orientation des entreprises vers les bons interlocuteurs.
  • Harmoniser les pratiques d’accompagnement à l’échelle du réseau AEQ, en assurant un standard de qualité et une formation continue pour les conseillers économiques.

Autre priorité : appuyer l’intégration de l’intelligence artificielle au sein des PME québécoises. Le rapport insiste sur l’importance de faciliter l’accès à des ressources spécialisées, à des subventions ciblées et à des partenariats avec les centres de recherche. L’inaction dans ce domaine expose les entreprises à un risque de marginalisation.

En matière de gouvernance, le rapport recommande aussi de clarifier le rôle des ODE dans la mise en œuvre des politiques économiques régionales. Une meilleure reconnaissance de leur expertise terrain, conjuguée à une responsabilisation accrue, permettrait selon les auteurs de consolider un véritable continuum de services, du démarrage d’entreprise au transfert intergénérationnel.

Les données recueillies montrent aussi que les PME les mieux accompagnées tendent à afficher un meilleur taux de satisfaction et de pérennité. Un argument de plus pour structurer l’offre autour de leurs besoins réels, et non autour des structures administratives existantes.

DES ENJEUX POUR LES ODE
Par ailleurs, les organismes de développement économique font face à leurs propres enjeux pour poursuivre leur mission. La pénurie de main-d’œuvre qualifiée et les difficultés de rétention du personnel constituent le premier défi, cité par 35 % des répondants. Le financement stable des opérations (35 %) et la méconnaissance des services par les entreprises (26 %) complètent le trio de tête.

La compétitivité salariale pose un problème particulier : les échelles salariales des MRC accusent un retard de 15 à 20 % par rapport au marché des conseillers en gestion financière, compromettant l’attraction et la rétention des talents.

Le ministre délégué à l’Économie, Christopher Skeete, voit dans ce rapport une occasion de « stimuler encore davantage la croissance et la productivité des entreprises québécoises ». Pour Pierre Dufour, qui est aussi adjoint parlementaire de la ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, « ce document se veut un outil pour favoriser l’essor et la pérennité des entreprises au bénéfice des communautés partout au Québec. »

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La rédaction