Les PME ont peiné à rebondir en 2025

Par La rédaction | 8 January 2026 | Last updated on 7 January 2026
3 min read
Jeune femme propriétaire d’une petite entreprise qui fait des dépenses dans son magasin.
staticnak1983 / iStock

L’optimisme des petites et moyennes entreprises québécoises a atteint un creux inquiétant en 2025. Leur indice de confiance s’est établi à 47,7 points, soit le deuxième pire résultat enregistré depuis 16 ans, révèle le Bilan des PME du Québec publié par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI). Pour rouler à plein régime, l’économie devrait afficher un indice de 65.

Cette performance décevante s’explique par un cocktail toxique de facteurs :

  • demande insuffisante,
  • pénurie chronique de main-d’œuvre
  • et pressions financières persistantes.

Le tout s’inscrit dans un contexte d’incertitude alimenté par la guerre tarifaire et le resserrement des programmes d’immigration temporaire.

« Les années en montagnes russes continuent pour les dirigeants de PME, et 2025 les a entraînés sur une nouvelle pente descendante », déplore François Vincent, vice-président pour le Québec à la FCEI.

Il salue toutefois la résilience des entrepreneurs qui, malgré ces défis, « assurent des emplois à des millions de Québécoises et Québécois et préservent la vitalité économique de nos régions ».

LE PRINCIPAL FREIN À LA CROISSANCE

Plus de la moitié des PME québécoises (51 %) identifient la demande insuffisante comme le principal frein à leur croissance. Ce problème frappe particulièrement les secteurs de l’information, des arts et du divertissement (60 %), de la fabrication (59 %), du commerce de détail (56 %) et de l’hébergement et restauration (54 %).

La pénurie de main-d’œuvre qualifiée arrive en deuxième position, affectant 47 % des PME. Le secteur de la construction est le plus touché avec 68 % des entreprises aux prises avec ce défi, suivi des services personnels (63 %) et du transport (54 %). Le manque de fonds de roulement complète le trio des principaux obstacles, touchant 28 % des PME.

DES PRESSIONS TOUJOURS ÉLEVÉES

Du côté des dépenses, les charges salariales demeurent la pression la plus importante pour 64 % des PME, devant les coûts d’assurances (61 %) et les coûts fiscaux et réglementaires (52 %).

Certains indicateurs montrent néanmoins des signes d’amélioration. La proportion d’entreprises affectées par les coûts d’emprunt a reculé de 14 points grâce à la baisse du taux directeur. Mais cette bonne nouvelle est tempérée par d’autres hausses : les coûts d’électricité ont grimpé de 4 points et ceux liés au matériel et aux technologies de 5 points.

Malgré ces améliorations partielles, la plupart des catégories de coûts restent supérieures à leur moyenne historique.

LE SECTEUR FINANCIER N’EST PAS ÉPARGNÉ

Au Québec, les entreprises du secteur financier — qui comprend les assurances, la finance et l’immobilier — affichent un niveau de confiance légèrement supérieur à la moyenne observée dans l’ensemble des PME, soit 53,6.

La pénurie de main-d’œuvre qualifiée demeure un enjeu important pour le secteur, même si son impact sur les ventes est moins marqué qu’ailleurs. Elle est citée par 38 % des entreprises.

Du côté des coûts, les pressions restent élevées. Les charges salariales constituent de loin le principal facteur de tension, affectant 72 % des entreprises du secteur. Les coûts liés au matériel et aux technologies ainsi que les charges fiscales et réglementaires arrivent ex æquo au deuxième rang, chacun mentionné par 56 % des répondants.

UN APPEL À L’ACTION POLITIQUE

François Vincent rappelle que 95 % des entreprises québécoises comptent moins de 50 employés. « Nos petites entreprises sont les poumons économiques de toutes les régions », insiste-t-il.

Il déplore que le Québec demeure « la province où la fiscalité des petites entreprises est la plus désavantageuse au pays et où la paperasserie est particulièrement lourde ».

Il lance un appel aux décideurs : « En 2026, les PME doivent être au centre de l’action gouvernementale et au cœur des propositions de tous les partis politiques. »

Le bilan 2025 s’appuie sur les données annualisées du Baromètre des affaires et présente un portrait détaillé de 12 secteurs d’activité économique et des 17 régions administratives du Québec. L’étude repose sur les réponses de 1 438 propriétaires de PME québécoises.

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La rédaction