Les PME préoccupées par l’équilibre budgétaire

Par La rédaction | 8 November 2024 | Last updated on 7 November 2024
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orlando florin roso / AdobeStock

La majorité des propriétaires de PME (74 %) expriment des inquiétudes face à l’absence de plan pour rétablir l’équilibre budgétaire, rapporte la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI). Le fait que le Canada continue d’accumuler les déficits et d’augmenter sa dette les inquiète.

En une décennie, la dette fédérale a presque doublé passant de 602,4 milliards de dollars (G$) en 2012-2013 à 1 173 G$ en 2022-2023.

« Le gouvernement fédéral doit présenter un échéancier de retour à l’équilibre budgétaire. Notre économie et nos entrepreneurs ne peuvent pas soutenir ce niveau de dette éternellement. Les frais annuels de la dette publique sont beaucoup trop élevés. Cet argent pourrait servir à réduire les taxes et impôts ainsi que les coûts d’exploitation », avance Jasmin Guénette, vice-président des Affaires nationales à la FCEI.

L’argent perçu grâce à la taxe sur les produits et services (TPS) au Canada ne permet que de couvrir les intérêts annuels de la dette nationale, qui s’élève à 54 G$, soit les budgets combinés de 2024-2025 du Manitoba, de la Saskatchewan et de Terre-Neuve-et-Labrador.

Sans compter que les coûts de la dette publique fédérale devraient atteindre 64,3 G$ d’ici 2028-2029, en raison de l’augmentation des besoins d’emprunt et de la hausse des taux d’intérêt. Le montant qui servira à payer les frais de la dette à ce moment-là représentera l’équivalent de ce qui aurait pu permettre d’éliminer en même temps la TPS, la taxe sur l’énergie, les droits de douane à l’importation ainsi que les taxes et droits d’accise lors de l’exercice 2022-2023.

« Augmenter les taxes et les impôts n’est pas une solution viable. Ottawa doit arrêter d’agir comme s’il pouvait dépenser sans compter », affirme Jasmin Guénette.

La FCEI suggère donc au gouvernement fédéral de prendre les mesures suivantes :

  • adopter un plan clair de retour à l’équilibre budgétaire, avec des indicateurs précis pour suivre les progrès et mettre fin au cycle des déficits ;
  • établir une cible budgétaire visant une réelle réduction du déficit et de la dette ;
  • s’engager à réaliser les examens internes nécessaires pour diminuer la taille et le coût de la fonction publique fédérale ;
  • geler le budget de fonctionnement de tous les ministères à leurs niveaux actuels ;
  • instaurer des lois pour limiter les dépenses gouvernementales, sauf en cas de crise mondiale ;
  • éviter de créer de nouveaux programmes sociaux ou d’élargir ceux qui existent déjà ;
  • et de vendre des actifs appartenant au gouvernement (comme des sociétés d’État, des terrains ou des immeubles) lorsque cela est possible.

« Les entrepreneurs savent très bien que les déficits d’aujourd’hui se traduiront par plus de taxes et d’impôts demain. Les déficits récurrents dissuadent les entrepreneurs potentiels de se lancer en affaires et les entrepreneurs actuels d’investir pour développer leur entreprise. Le gouvernement fédéral doit freiner sa tendance à dépenser et instaurer des cibles budgétaires strictes pour contrôler ses dépenses. L’Énoncé économique de l’automne 2024 et le Budget 2025 sont d’excellentes occasions de commencer », conclut Juliette Nicolaÿ, analyste des politiques à la FCEI et coauteure du rapport.

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La rédaction