L’IA, un pari payant pour les entreprises

Par La rédaction | 6 October 2025 | Last updated on 3 October 2025
4 min read
Personne utilisant un stylet sur une tablette, avec des données numériques en surimpression.
Tippapatt / iStock

Bien que très payante, l’adoption de l’intelligence artificielle (IA) s’avère encore très limitée au sein des entreprises canadiennes. Peu d’entre elles ont intégré cette technologie à l’ensemble de leurs activités, constate la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), laissant entrevoir un potentiel encore largement inexploité.

Alors que 92 % des PME canadiennes rapportent utiliser les technologies numériques, à peine 10 % les intègrent à l’ensemble de leurs activités, révèle le nouveau rapport de la FCEI parrainé par Payworks et Sage.

UNE INTÉGRATION PAYANTE

Pourtant, la majorité des PME (55 %) rapportent un rendement sur leurs investissements numériques dans les deux années suivant leur adoption. Les gains de productivité se chiffreraient à 29 % en moyenne, et ce, dès la première année. Chaque dollar investi rapporterait environ 1,60 $.

Les entreprises ayant intégré ces outils dans l’ensemble de leurs fonctions de base constateraient un rendement encore plus élevé, atteignant 2,40 $ par dollar investi.

« La transformation numérique est bien plus qu’une expression au goût du jour. C’est un facteur déterminant dans la réussite des PME. Loin de constituer une panacée, les outils numériques peuvent néanmoins faciliter la création de contenu, accélérer l’exécution de projets et automatiser des tâches répétitives. Cela permet aux entrepreneurs de consacrer plus de temps à leurs clients, à la stratégie ou au marketing personnalisé », explique Alchad Alegbeh, analyste de la recherche à la FCEI et coauteur du rapport.

Cette transformation numérique en profondeur pourrait aussi permettre au Canada de mieux rivaliser avec les États-Unis. Alors que la productivité du travail au Canada n’a crû que de 3 % entre 2015 et 2025, elle a augmenté de 18 % chez nos voisins du Sud. Selon la FCEI, l’adoption des technologies numériques permettrait de combler quelque peu ce gouffre.

UN INTÉRÊT GRANDISSANT

Au cours des trois dernières années, les entreprises ont investi dans principalement trois secteurs :

  1. la comptabilité,
  2. la cybersécurité
  3. et les technologies de l’information.

Récemment, les investissements sont davantage redirigés vers l’intelligence artificielle (IA) pour améliorer la productivité.

Ainsi, près du quart des PME (23 %) ont investi dans des outils d’IA générative. Un autre 25 % comptent le faire d’ici les trois prochaines années. L’intérêt pour les logiciels d’analyse alimentés par l’IA connaît une belle croissance puisque la part des PME prévoyant y investir devrait plus que doubler, passant de 7 % à 16 %.

La FCEI calcule que les PME qui s’appuient sur l’IA générative gagnent environ 2 h par jour pour chaque heure réellement consacrée au travail avec ces outils. Ce gain de temps leur permet de se consacrer à d’autres tâches essentielles. À elle seule, l’IA générative peut faire gagner aux PME plus d’une heure par jour (1,08 heure) en moyenne. Si la moitié de ce temps était réinvestie dans un travail productif, cela pourrait générer une augmentation annuelle de 12,8 milliards de dollars du PIB du Canada, selon les calculs de la FCEI.

Toutefois certains obstacles freinent encore l’adoption de la technologie, notamment :

  • un budget limité,
  • un manque de temps,
  • un manque de compétence numérique.

« Bien qu’il y ait un intérêt croissant pour l’adoption de l’IA et des technologies en général, les PME n’en sont qu’au début de leur transformation numérique. La prochaine étape consistera à approfondir leur intégration de ces outils, ce qui représente une occasion unique pour l’économie canadienne », conclut Alchad Alegbeh. 

Pour favoriser l’adoption de l’IA, la FCEI estime que le gouvernement pourrait :

  • accroître la sensibilisation des PME aux programmes et aux incitatifs gouvernementaux favorisant l’adoption des technologies numériques et de l’IA ;
  • mettre en place des incitatifs fiscaux, comme des crédits d’impôt à l’investissement, des déductions pour amortissement accéléré ou le retour de la passation en charges immédiate ;
  • accorder un allégement fiscal (p. ex. des réductions d’impôt sur les sociétés et sur la masse salariale) afin de donner aux PME la marge financière nécessaire pour investir dans les technologies et la formation ;
  • et offrir des conseils accessibles pour aider les PME à comprendre comment l’IA et d’autres technologies numériques peuvent soutenir leurs objectifs commerciaux.

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La rédaction