Faciliter la transmission d’entreprises grâce à l’IA

Par Carole Le Hirez | 26 September 2024 | Last updated on 5 December 2025
4 min read
Homme d’affaires et robot se serrant la main. Caractère de robot aider un homme.
Guzaliia Filimonova / iStock

L’intelligence artificielle (IA) peut faire une grande différence dans le domaine des transferts d’entreprises et des fusions-acquisitions, selon Simon Leroux, fondateur de la fintech montréalaise Optionality. Le secteur de la gestion de patrimoine pourrait en bénéficier, alors que de 2015 à 2021, les transferts d’entreprise ont impliqué jusqu’à 26 milliards de dollars d’actifs chaque année au Québec.

Lancée en janvier 2024 à Montréal, Optionality cible précisément ce créneau. La fintech utilise l’IA générative pour fournir une évaluation rapide de la valeur d’une entreprise et proposer des options aux parties prenantes, dans le but de simplifier et d’accélérer le processus de transfert. Un atout alors qu’on estime à 24 000 le nombre de transferts d’entreprises pour la seule année 2024 dans la province.

L’idée qui a mené à la création d’Optionality par Simon Leroux est venue à la suite de son passage chez Inovia Capital en tant qu’entrepreneur en résidence. Il venait alors de vendre Gazelle.ai, une start-up spécialisée dans la prédiction du potentiel de croissance des entreprises grâce à l’IA. Cette société, fondée en 2018, a été acquise en mars 2023 par la société américaine Lightcast, experte en analyse de données sur le marché du travail, via le fonds d’investissement privé KKR.

Inspiré par cette expérience, Simon Leroux a décidé de créer une solution qui permettrait aux conseillers de mieux naviguer dans les processus de fusions-acquisitions et de transmission d’entreprises.

La technologie financière d’Optionality utilise des modèles prédictifs pour identifier les entreprises susceptibles d’être vendues dans les prochains mois ou celles qui seraient intéressées par une acquisition. L’AI de la fintech « scanne » les sites web des entreprises et analyse les informations disponibles pour émettre des recommandations stratégiques.

« Nous avons simplement besoin d’une adresse URL pour créer une fiche complète sur une entreprise en quelques secondes », explique Simon Leroux. Cela permet aux conseillers d’avoir accès à des centaines de revues de presse et de repérer rapidement des informations pertinentes obtenues grâce à des mots-clés.

Selon Simon Leroux, les principaux avantages des outils d’IA générative, comme Copilot, de Microsoft, Chat GPT, d’OpenAI, et Gemini, de Google, consistent à aider les conseillers à prendre des décisions plus éclairées et à anticiper les mouvements du marché.

« Cela offre un avantage compétitif important pour les conseillers qui souhaitent être les premiers à proposer des solutions aux entreprises en processus de transfert », a indiqué Simon Leroux lors du 11e Forum Fintech Canada tenu à Montréal en septembre.

L’une des particularités d’Optionality réside dans sa capacité à rechercher des comparables dans de vastes bases de données et à fournir des analyses sur la valeur des entreprises en transition. Grâce à l’IA, la fintech est capable de formuler des hypothèses sur les transactions en cours, comme l’acquisition d’une entreprise, en analysant les motivations potentielles derrière ces mouvements. Cette capacité permet aux conseillers d’anticiper les tendances du marché et d’apporter des recommandations plus pertinentes aux clients dans un temps record.

Le but d’Optionality est d’améliorer l’efficacité des processus de fusions et acquisitions, en facilitant l’identification des entreprises cibles tout en augmentant la précision des recommandations fournies aux conseillers, signale Simon Leroux.

Fort de son expérience en matière de transfert d’entreprise, Simon Leroux identifie trois éléments clés pour réussir une transmission :

  • S’associer avec un bon conseiller : un professionnel de confiance, ayant une connaissance approfondie du secteur d’activité, peut faire une grande différence dans la gestion du processus de transfert.
  • Aligner les valeurs avec la culture : un bon conseiller doit non seulement posséder l’expertise nécessaire, mais aussi comprendre la culture de l’entreprise pour garantir une relation de travail harmonieuse avec le cédant.
  • Commencer tôt : selon Simon Leroux, il est essentiel de commencer à travailler sur la stratégie de sortie au moins 36 mois avant le transfert. Cela permet d’ajuster en continu les plans en fonction des conditions du marché et des objectifs de l’entreprise.

Simon Leroux, qui a été vice-président produit chez Lightcast après la vente de Gazelle.ai, est également un investisseur, un conseiller et un mentor pour plusieurs entreprises de technologie financière. En juillet dernier, il a été nommé par Investissement Québec au conseil d’administration de Local Logic, une société montréalaise spécialisée en logiciels de gestion de données en immobilier et en urbanisme. 

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Carole Le Hirez

Carole Le Hirez est journaliste pour Finance et Investissement et Conseiller.ca. Auparavant, elle a notamment écrit pour Les Affaires.