Les professionnels occidentaux moins ambitieux que ceux du Sud

Par Nathalie Savaria | 10 January 2025 | Last updated on 9 January 2025
3 min read
Jeunes adultes effectuant un virement Interac.
Photo : MStudioImages / iStock

C’est ce que révèle en effet une nouvelle étude réalisée par Amrop, un cabinet mondial de recrutement de cadres et de conseil en leadership.

Celui-ci a interrogé 8 000 personnes entre 20 et 60 ans au Brésil, en Chine, en France, en Allemagne, en Inde, en Pologne, au Royaume-Uni et aux États-Unis sur le sens du travail. Ces personnes sont titulaires d’au moins une licence (baccalauréat).

UN DYNAMISME CONTRASTÉ

Ainsi, d’après l’enquête, 92 % des Indiens et 87 % des Brésiliens déclarent aimer travailler. Ce sentiment est moins fort en Allemagne (71 %), aux États-Unis (69 %) et au Royaume-Uni (68 %), ainsi que dans d’autres pays européens.

« Le dynamisme et l’ambition de l’Inde, du Brésil et de la Chine contrastent avec le vieillissement des sociétés occidentales. Les pays occidentaux étant également confrontés à une pénurie de professionnels qualifiés, l’ambition de leur main-d’œuvre devient un facteur décisif pour la croissance, la réussite économique et la préservation des richesses », commente Annika Farin, titulaire de la chaire mondiale d’Amrop.

CARRIÈRE RÉUSSIE = VIE AGRÉABLE ?

En Inde, 84 % des personnes interrogées affirment qu’une carrière réussie est essentielle pour mener une vie agréable, ce qui est également le cas en Chine (71 %) et au Brésil (70 %).

Inversement, seuls 43 % des Allemands, 40 % des Français et 37 % des Polonais partagent ce point de vue.

Dans d’autres pays occidentaux comme les États-Unis et le Royaume-Uni, plus de la moitié des personnes interrogées considèrent que leur carrière est essentielle pour mener une vie agréable.

UN SENS DE L’ÉQUILIBRE VARIABLE

L’Inde arrive en tête (75 %) avec une éthique du travail et un équilibre entre vie professionnelle et vie privée impressionnants, dépassant le Brésil (55 %) et la Chine (63 %).

Les professionnels chinois privilégient cependant leur carrière par rapport à leur vie privée, note l’enquête.

Des divergences d’éthique professionnelle sont également apparues dans les pays occidentaux, 70 % des Américains donnant la priorité au travail acharné, contre 35 % des Français.

Les heures de travail révèlent aussi des distinctions.

En effet, 46 % des Chinois et 42 % des Indiens sont prêts à travailler plus de 40 heures par semaine, tandis que 29 % des Britanniques, 27 % des Allemands et 16 % des Français sont ouverts à cette perspective.

Parallèlement, 73 % des Indiens et 59 % des Chinois déclarent avoir un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée, contre 45 % en France et 49 % en Allemagne.

« Travailler moins d’heures n’améliore pas nécessairement la perception de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. S’il existe un lien, il semble que ce soit dans l’autre sens : les professionnels disposés à travailler plus longtemps semblent également avoir un meilleur sens de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée », déclare Annika Farin.

UNE AMBITION QUI QUESTIONNE

Selon l’enquête d’Amrop, les professionnels des pays du Sud aspirent davantage à occuper des postes de direction et à devenir entrepreneurs, soit 76 % des Indiens, 66 % des Brésiliens et 54 % des Chinois, contre 52 % des répondants au Royaume-Uni, 49 % aux États-Unis, 37 % en France et 36 % en Allemagne.

Enfin, l’enquête signale que le manque global d’ambition en matière de leadership s’étend à la politique dans la plupart des pays.

De fait, seuls 19 % des personnes interrogées expriment une motivation pour avoir un impact positif, 51 % donnant plutôt la priorité à la stabilité financière et 39 % visant un style de vie particulier.

« Si la plupart des professionnels n’ont pas l’ambition de devenir des dirigeants de haut niveau, qui façonnera l’avenir des économies et des sociétés ? Nos sociétés s’appuient sur les personnes, leur expertise et leur motivation. Nous approchons-nous d’un avenir où nous remettrons en question non seulement le leadership des entreprises, mais aussi le leadership national ? », s’interroge en conclusion Annika Farin.

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Nathalie Savaria

Nathalie Savaria a été rédactrice en chef de magazines dans le domaine de l’immobilier commercial. Elle est aujourd’hui journaliste indépendante.