Nombre d’entreprises canadiennes réorientent leurs exportations

Par La rédaction | 13 February 2025 | Last updated on 12 February 2025
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Un travailleur industriel travaille avec un collègue au chantier de conteneurs maritimes à l’étranger. Gestion de la chaîne d’approvisionnement logistique et concept d’exportation internationale de marchandises.
Ralf Hahn / iStock

La menace de nouveaux tarifs douaniers imposés par Washington et les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine poussent les entreprises canadiennes à revoir leurs stratégies d’approvisionnement.

Selon un sondage de KPMG, près de six entreprises sur dix (57 %) prennent des mesures pour déplacer leur production hors de Chine, tandis que 88 % des répondants détournent ou envisagent de détourner leurs marchandises vers des pays non affectés par ces tarifs.

Le sondage, mené auprès de 250 chefs d’entreprise au Canada, dont la majorité (88 %) vend aux États-Unis, met en évidence les défis auxquels font face les entreprises exportatrices. Bien que l’administration américaine ait temporairement suspendu certains tarifs sur les produits canadiens, 63 % des entreprises interrogées affirment être négativement affectées par les taxes américaines sur les produits chinois.

Face à cette incertitude, la majorité des entreprises adoptent une approche proactive : 44 % réorganisent déjà leurs chaînes d’approvisionnement pour limiter leur dépendance aux États-Unis.

UNE ADAPTATION COÛTEUSE ET RISQUÉE
Alain Sawaya, leader national du groupe Chaîne d’approvisionnement de KPMG au Canada, souligne la complexité de ces ajustements. « En raison de l’incertitude causée par [la situation], il est très difficile pour les entreprises canadiennes de planifier, d’exercer leurs activités et de demeurer concurrentielles », explique-t-il.

Mais changer de fournisseur ou relocaliser une production ne se fait pas sans risque. Nancy Chase, leader nationale des services en gestion des risques de KPMG au Canada, met en garde contre les défis posés par ces ajustements.

« La reconfiguration des chaînes d’approvisionnement pourrait aider les entreprises à éviter les répercussions des tarifs douaniers imposés aux pays touchés, mais elle crée également un nouveau lot de risques pour ces entreprises, car elles se tournent vers de nouveaux fournisseurs tiers qui sont relativement peu connus. Dans certains cas, les organisations sont si pressées de changer de fournisseurs qu’elles ne prennent pas le temps d’évaluer adéquatement les nouveaux », dit-elle.

VERS DES CHAÎNES D’APPROVISIONNEMENT PLUS RÉSILIENTES
Pour faire face à ces perturbations, 83 % des répondants estiment qu’ils doivent renforcer la résilience de leur chaîne d’approvisionnement. Cela passe par une diversification des fournisseurs, une meilleure prévision des risques et une adoption accrue des technologies de gestion des flux logistiques.

Les experts de KPMG recommandent notamment l’intégration de modèles numériques basés sur l’intelligence artificielle pour simuler différents scénarios et anticiper les perturbations.

« Les organisations qui cartographient numériquement leurs chaînes d’approvisionnement en fonction de scénarios probables disposent d’un avantage concurrentiel lorsque de nouveaux risques surviennent. Qu’il s’agisse de tarifs ou d’autres perturbations imprévues, une représentation numérique de la chaîne d’approvisionnement peut aider les organisations à optimiser leur réseau de transport et à examiner de façon proactive des solutions de rechange pour le déploiement des stocks. Si la cartographie numérique est un modèle en temps réel qui fait partie intégrante du processus décisionnel, la chaîne d’approvisionnement et l’entreprise seront plus résilientes », souligne Alain Sawaya.

UN IMPACT À LONG TERME
Au-delà des enjeux immédiats, le sondage révèle également que 79 % des entreprises s’attendent à ce que les États-Unis imposent des tarifs douaniers à l’Union européenne, signalant un climat d’incertitude persistant pour le commerce international.

Dans ce contexte, les entreprises canadiennes doivent non seulement adapter leurs stratégies d’approvisionnement, mais aussi renforcer leur gestion des risques pour limiter l’impact financier de ces décisions.

Avec un environnement commercial de plus en plus imprévisible, la capacité des entreprises à s’adapter rapidement pourrait bien devenir un facteur clé de leur succès dans les années à venir.

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La rédaction