L’épuisement professionnel gagne du terrain chez les travailleurs canadiens

Par La rédaction | 8 April 2025 | Last updated on 7 April 2025
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Une femme devant sa table de travail où se trouve son ordinateur. Elle se frotte les yeux, fatiguée
Jirapong Manustrong / iStock

La vague d’épuisement professionnel continue de monter au Canada. Selon une nouvelle étude publiée par le cabinet de recrutement Robert Half, 47 % des travailleurs canadiens se disent aujourd’hui épuisés — un chiffre en progression depuis 2023, où il n’atteignait que 33 %.

Plus révélateur encore : 31 % des professionnels interrogés affirment que leur niveau d’épuisement s’est intensifié au cours de la dernière année.

DES FACTEURS MULTIPLES
L’étude, menée auprès de 1 500 professionnels à travers le pays, révèle que les lourdes charges de travail et les longues heures (39 %) constituent le principal facteur d’épuisement. La fatigue émotionnelle ou mentale liée à des tâches très stressantes arrive en deuxième position (38 %), suivie à parts égales par l’insuffisance d’équilibre entre vie professionnelle et personnelle, le manque de soutien ou de reconnaissance de la direction, et l’absence de perspectives d’évolution de carrière (28 % chacun).

DES PROFILS PARTICULIÈREMENT TOUCHÉS
Certaines catégories de travailleurs semblent plus vulnérables que d’autres face à ce fléau professionnel. Les professionnels des domaines juridique et des ressources humaines sont les plus touchés, avec un taux d’épuisement de 59 %. Les parents qui travaillent (51 %) et les millénariaux (50 %) complètent ce podium peu enviable.

« En plus d’être un problème de plus en plus inquiétant pour les professionnels, l’épuisement professionnel est également un défi de taille pour les employeurs », souligne Koula Vasilopoulos, première directrice générale chez Robert Half au Canada.

Elle ajoute que les conséquences pour les entreprises peuvent être sévères : baisse de la productivité et du moral du personnel, perte de membres précieux au sein de l’équipe et diminution des revenus en raison du retard dans les échéances clés des projets importants.

Un sondage complémentaire mené auprès de plus de 1 050 gestionnaires révèle que 39 % d’entre eux reconnaissent que l’épuisement du personnel existant représente un défi majeur lorsqu’ils ne parviennent pas à pourvoir un poste nécessaire. Les cycles d’embauche qui s’allongent contribuent ainsi à alourdir la charge de travail des équipes en place, aggravant par là même leur épuisement.

Les autres répercussions identifiées par les gestionnaires incluent une baisse de productivité (40 %), des retards dans l’échéancier des projets (34 %), un taux de roulement plus élevé (30 %) et des pertes de revenus (24 %).

DES SOLUTIONS ATTENDUES
Face à cette situation, les travailleurs ont des attentes précises envers leurs supérieurs. Ils souhaitent notamment que ceux-ci encouragent les congés ou les journées de santé mentale (34 %), embauchent des professionnels permanents ou contractuels pour alléger les charges de travail (33 %), et les aident à établir des priorités dans les projets et à gérer les échéanciers (30 %).

« Alors que l’épuisement professionnel continue d’augmenter, les gestionnaires doivent agir de façon proactive pour l’atténuer », insiste Mme Vasilopoulos.

Cela passe par des stratégies de dotation plus souples, une meilleure planification du travail et une communication ouverte sur le bien-être des équipes.

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La rédaction