Plus de trois entreprises canadiennes sur quatre se préparent à une récession

Par La rédaction | 5 June 2025 | Last updated on 4 June 2025
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Un homme d'affaires caucasien heureux parle au téléphone portable tout en se tenant debout en tablier dans un petit centre floral et en notant les détails de la commande. Fleuriste joyeux appelant sur son smartphone au travail. Concept d'entreprise personnelle
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Les entreprises canadiennes anticipent un ralentissement économique marqué, en grande partie attribuable à la guerre commerciale déclenchée par les États-Unis et aux droits de douane imposés par le président Donald Trump, selon un récent rapport de KPMG.

Plus des trois quarts (76 %) des 250 dirigeants d’entreprise sondés entre le 9 et le 20 mai 2025 affirment se préparer à une éventuelle récession. La quasi-totalité des dirigeants (90 %) juge urgent que les gouvernements interviennent pour préserver la compétitivité et la prospérité du pays.

Pour atténuer les effets d’un ralentissement, ils identifient plusieurs priorités à l’attention du gouvernement fédéral. Près des deux tiers (64 %) recommandent d’éliminer les barrières commerciales interprovinciales et d’harmoniser les règlements et accréditations. Une réforme fiscale en profondeur visant à renforcer la compétitivité est jugée essentielle par 58 % des répondants, tandis que 56 % demandent une simplification des processus d’approbation pour accélérer les projets d’infrastructure et d’exploitation des ressources.

UNE COURSE À LA TECHNOLOGIE

Trois dirigeants sur quatre (75 %) estiment que leur entreprise investit autant, sinon davantage, dans l’innovation que leurs concurrents américains et internationaux. Toutefois, la conjoncture freine les ambitions : 59 % des entreprises indiquent ne pas avoir les moyens de financer des technologies visant à améliorer leur productivité.

Par ailleurs, 92 % reconnaissent qu’il est nécessaire d’agir avec plus d’audace et d’augmenter les investissements en technologie et en innovation afin de bâtir une économie plus résiliente et prospère. Environ 88 % des répondants estiment que les entreprises canadiennes ne devraient pas attendre que d’autres adoptent les technologies émergentes.

« Ces résultats traduisent un état d’esprit plus ambitieux dans les affaires canadiennes, mais soulignent aussi clairement les difficultés économiques auxquelles nous faisons face », commente Benjie Thomas, chef de la direction et associé principal chez KPMG au Canada.

Selon lui, les investissements réalisés ces dernières années commencent à produire des résultats : 75 % des entreprises sondées affirment que leurs efforts de transformation numérique ont généré les bénéfices escomptés. De plus, l’intelligence artificielle aurait permis une hausse de la productivité de 10 % ou plus dans de nombreuses entreprises. Toutefois, sans capital pour poursuivre sur cette lancée, ces gains risquent de ne pas être durables.

Plus de la moitié (54 %) des répondants affirment avoir « déjà réduit » leurs dépenses en investissement, en recherche et développement (R-D) ou en immobilisations pour les 12 prochains mois, en raison de la guerre commerciale déclenchée par les États-Unis. Un autre 57 % prévoit également réduire ces dépenses au cours de la prochaine année.

Par ailleurs, la détérioration des relations commerciales avec les États-Unis pousse les entreprises à revoir leur stratégie d’exportation. Le rapport de KPMG révèle que 75 % des dirigeants ne considèrent plus le marché américain comme fiable et que 79 % diversifient activement leurs destinations d’exportation.

Plus des deux tiers (68 %) investissent dans le développement de nouveaux marchés à l’international et 90 % affirment qu’ils continueront à le faire même si les tensions commerciales s’atténuent.

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La rédaction