PME : l’indice de confiance est au plus bas

Par La rédaction | 3 April 2025 | Last updated on 2 April 2025
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Jeune homme asiatique inquiet, la main sur la tête, utilisant un ordinateur portable à la maison, l'air préoccupé et stressé.
AsiaVision / iStock

L’optimisme des petites et moyennes entreprises (PME) canadiennes s’effondre. L’indice de confiance à long terme du Baromètre des affaires de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a plongé à 25 points en mars, une chute brutale de 24,8 points. Un seuil plus bas que ceux observés lors de la pandémie de 2020, de la crise financière de 2008 ou encore des turbulences économiques post-11 septembre 2001.

« Les propriétaires de PME sont pessimistes face à l’avenir de leur entreprise, au moins pour les prochains mois. Dans une situation si instable où tout peut changer d’un moment à l’autre, il devient difficile de prendre des décisions importantes », commente Simon Gaudreault, économiste en chef et vice-président de la recherche à la FCEI.

« Personne ne sait quand se terminera la guerre commerciale avec les États-Unis et les entrepreneurs craignent que le pire soit à venir », déplore-t-il.

SECTEURS LES PLUS TOUCHÉS
Aucun secteur n’est épargné par cette vague de pessimisme, mais certaines industries sont particulièrement affectées. L’hébergement et la restauration affichent l’indice le plus bas (17,0), suivis de près par la fabrication (18,6), les transports (21,0) et l’agriculture (21,3).

La situation est d’autant plus difficile pour les entreprises agricoles qui, en plus des tarifs américains, doivent composer avec des droits de douane chinois atteignant 100 % sur l’huile de canola et 25 % sur le porc et les produits de la mer comme le homard.

IMPACT SUR LES PRIX ET L’EMPLOI
Face à ces défis, les PME prévoient d’augmenter leurs prix de 3,7 % en moyenne pour compenser les pertes causées par les tarifs douaniers, comparativement à 3 % en février. Cette hausse anticipée des prix est la plus importante enregistrée d’un mois à l’autre depuis la pandémie.

Parallèlement, les perspectives d’embauche s’assombrissent : 19 % des PME prévoient de réduire leurs effectifs dans les prochains mois (contre 13 % en février), tandis que seulement 11 % envisagent de recruter du personnel.

Les prévisions d’augmentation des salaires ont également baissé, passant de 2,2 % en février à 1,9 % en mars.

Un autre indicateur qui soulève des inquiétudes à la FCEI révèle que 59 % des PME sont confrontées à une demande insuffisante, un chiffre en hausse constante depuis novembre 2024 et bien supérieur au sommet de 53 % atteint pendant la pandémie.

Sur le plan géographique, la confiance s’est effondrée dans toutes les provinces, avec les résultats les plus faibles enregistrés dans les trois plus grandes provinces économiques du pays :

  • l’Ontario (23,4),
  • l’Alberta (24,1)
  • et le Québec (24,9).

APPEL À L’ACTION
Face à cette détérioration du climat des affaires, la FCEI presse les gouvernements d’intervenir pour restaurer la confiance. Parmi les solutions avancées :

  • un accord de reconnaissance mutuelle pour réduire les barrières interprovinciales,
  • une amélioration du régime fiscal en augmentant le plafond d’exonération cumulative des gains en capital
  • et l’abandon de la taxe carbone pour les PME.

« Nos gouvernements doivent agir rapidement pour redonner confiance aux entrepreneurs », insiste Jasmin Guénette, vice-président des Affaires nationales à la FCEI.

Le sondage a été mené auprès de 1065 membres de la FCEI au début de mars.

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La rédaction