Réduire la paperasse pour relancer l’économie

Par Carole Le Hirez | 2 October 2025 | Last updated on 1 October 2025
4 min read
Photo portrait de François Legault.

Dans son discours d’ouverture de la nouvelle session parlementaire prononcé mardi, le premier ministre François Legault promet de donner un nouvel élan à l’économie de la province. Son plan de match : accélérer les projets économiques et énergétiques jugés stratégiques, aider les entreprises locales à croître et alléger la bureaucratie. Les acteurs économiques saluent cet élan, mais réclament des gestes concrets rapidement, dont une révision de la fiscalité des PME.

Dans son discours du 30 septembre, le premier ministre du Québec a annoncé la mise en place d’une « voie rapide » pour réduire les délais et simplifier les processus liés aux projets économiques et énergétiques stratégiques tout en gardant des standards élevés, en partenariat avec les Premières Nations et les Inuits.

Le gouvernement du Québec demandera notamment à La Caisse, anciennement la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), d’augmenter la part de ses investissements dans l’économie québécoise. Sur le plan des finances publiques, le cap sera maintenu vers un retour à l’équilibre budgétaire en 2029-2030, malgré l’inflation et la hausse des coûts pour les ménages.

RÉDUIRE LA FISCALITÉ DES PME

Pour la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), ce discours marque un pas dans la bonne direction. François Vincent, vice-président de la FCEI pour le Québec, y voit « une impulsion positive pour réduire la bureaucratie, améliorer l’efficacité de l’État et stimuler l’économie ».

Cependant, il estime que les PME attendent davantage de mesures concrètes du gouvernement. « Dans un contexte d’incertitudes économiques, marqué par la hausse des coûts et la guerre tarifaire, il est crucial que le gouvernement retire les obstacles qui freinent la productivité des entrepreneurs », commente-t-il.

Parmi ces obstacles, la fiscalité figure en première ligne. La FCEI estime que les charges fiscales actuelles grugent directement la compétitivité des petites entreprises. Elle veut leur redonner de l’oxygène en diminuant le taux d’impôt pour les petites entreprises des secteurs des services et de la construction, ainsi qu’en réduisant les coûts liés à la fiscalité environnementale pour les PME (taxe carbone, programmes obligatoires de recyclage, élimination des matières résiduelles, etc.).

DES GESTES CONCRETS ATTENDUS

La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) accueille elle aussi positivement l’engagement du gouvernement à réduire les délais bureaucratiques et la paperasse. Mais elle déplore que d’autres priorités aient été écartées du discours.

« Le contexte géopolitique instable, le retard de productivité, le manque de main-d’œuvre qualifiée et les finances publiques précaires ne donnent pas au gouvernement le luxe de s’éparpiller », avertit Véronique Proulx, PDG de la FCCQ.

Selon elle, Québec doit agir rapidement sur trois fronts : faciliter l’accès aux contrats publics pour les entreprises locales, s’assurer d’accueillir suffisamment de travailleurs immigrants qualifiés et réhabiliter des infrastructures vieillissantes, notamment en région.

ALLÉGER LE FARDEAU BUREAUCRATIQUE : UN CHANTIER URGENT

Les deux organisations s’entendent pour affirmer que la lourdeur réglementaire plombe la compétitivité du Québec. Les délais pour obtenir des permis peuvent s’allonger au point de faire grimper les coûts des projets de millions de dollars, dénonce la FCCQ.

L’organisme souligne que « le Québec est devenu champion de la surréglementation », et que le gouvernement actuel a lui-même contribué à alourdir la tâche des PME, notamment en augmentant les tarifs d’électricité.

L’organisme appelle à une politique d’approvisionnement préférentiel « plus ambitieuse », s’inspirant du récent virage fédéral pour renforcer l’économie nationale « Achetez canadien », annoncé le 5 septembre par Mark Carney. Cette politique vise à prioriser les fournisseurs et intrants canadiens dans les marchés publics fédéraux dès novembre 2025.

Quant à la pénurie de main-d’œuvre, Véronique Proulx insiste sur la nécessité d’accueillir 106 000 nouveaux travailleurs immigrants par an pendant quatre ans, un objectif qui se heurte selon elle à la volonté du gouvernement du Québec de limiter la capacité d’accueil de la province et de déposer une nouvelle loi pour renforcer la laïcité de l’État.

Les milieux d’affaires s’attendent à voir annoncer des actions concrètes dans ce sens dans la prochaine mise à jour économique du Québec, prévue à l’automne, et dans le prochain budget provincial.

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Carole Le Hirez

Carole Le Hirez est journaliste pour Finance et Investissement et Conseiller.ca. Auparavant, elle a notamment écrit pour Les Affaires.