Sous-emploi et discrimination : le difficile parcours professionnel des personnes handicapées

Par La rédaction | 11 December 2024 | Last updated on 10 December 2024
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Homme dans le fauteuil roulant.
nimis69 / iStock

Les personnes handicapées font face à des défis de taille en milieu de travail : près de 60 % se disent sous-employées, et un nombre similaire cherche activement un nouvel emploi. Plus alarmant encore, 44 % des répondants rapportent avoir été victimes de capacitisme (ou discrimination) au cours de la dernière année, une réalité encore plus marquée pour ceux ayant un handicap visible (58 %).

Ces chiffres émergent d’une enquête menée par KPMG Canada auprès de 1 000 Canadiens handicapés, qui brosse un portrait préoccupant de leur réalité professionnelle.

Alors que près des deux tiers des sondés estiment que leurs compétences ne sont pas pleinement utilisées, cette proportion atteint 73 % chez les personnes ayant un handicap apparent, contre 53 % pour celles dont le handicap est non apparent.

Le capacitisme, défini comme des préjugés défavorables envers les personnes handicapées, semble très présent dans les entreprises canadiennes. Au cours des douze derniers mois, près d’un répondant sur deux (44 %) en a été victime, avec un taux plus élevé (58 %) chez les personnes ayant un handicap visible. Les personnes de couleur (60 %) et les Autochtones (61 %) qui ont un handicap sont particulièrement touchés par ce phénomène.

« Les résultats de notre sondage révèlent que le capacitisme est un problème systémique dans les milieux de travail canadiens », soutient Rob Davis, chef de l’inclusion, de la diversité et de l’équité chez KPMG au Canada. Il ajoute que cette situation représente « une perte de compétences, de créativité et de productivité pour les entreprises ».

L’étude met également en lumière un climat de travail difficile : 68 % des personnes handicapées estiment devoir travailler plus que leurs collègues non handicapés pour obtenir la même reconnaissance. Plus inquiétant encore, seuls 32 % des répondants considèrent leur milieu de travail comme suffisamment sûr pour révéler leur handicap.

DES PISTES D’ACTION

Face à ces constats, les personnes sondées appellent à des changements concrets. Leurs principales attentes concernent la création d’un environnement de travail plus inclusif (58 %), l’accès à de meilleurs outils pour optimiser leur productivité (46 %), et la modification des processus de recrutement pour éliminer les obstacles à l’embauche (45 %).

Près de 80 % des répondants estiment qu’une représentation accrue des personnes handicapées dans des rôles de leadership est essentielle pour changer la dynamique actuelle.

Lisa Park, directrice de KPMG au Canada, insiste sur l’urgence d’agir : « Les contributions des Canadiens handicapés au milieu des affaires sont inestimables et multidimensionnelles. Ces personnes apportent des perspectives uniques, des idées novatrices et une vaste expérience qui peuvent améliorer considérablement le rendement organisationnel et stimuler la croissance », affirme celle qui est aussi fondatrice du Réseau pour l’inclusion des personnes ayant une limitation de la société. « Pour éliminer les préjugés et les obstacles pour les personnes handicapées, nous devons aider les gestionnaires à se doter de compétences en leadership inclusif et examiner régulièrement les processus d’affaires et de gestion des talents. En tant que chefs d’entreprise, nous avons la responsabilité de créer des milieux de travail qui permettent à tous, y compris les personnes handicapées, d’être productifs, de réussir et de s’épanouir », ajoute-t-elle.

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La rédaction