Tarifs douaniers : les entreprises canadiennes s’organisent

Par La rédaction | 14 March 2025 | Last updated on 13 March 2025
3 min read
Un travailleur industriel travaille avec un collègue au chantier de conteneurs maritimes à l’étranger. Gestion de la chaîne d’approvisionnement logistique et concept d’exportation internationale de marchandises.
Ralf Hahn / iStock

Les États-Unis ont officiellement imposé de nouveaux tarifs douaniers le 4 mars, accentuant la pression sur les entreprises canadiennes. Pourtant, selon un récent sondage de KPMG, 67 % des chefs d’entreprise du pays estiment que leur société pourrait résister à une guerre commerciale de plus d’un an. Face à cette nouvelle réalité, elles adoptent diverses stratégies d’adaptation, tout en pressant les gouvernements d’agir pour renforcer la compétitivité du pays.

La majorité des entreprises canadiennes affectées par ces tarifs jugent nécessaire de riposter. En effet, 86 % des dirigeants interrogés soutiennent l’imposition de tarifs de représailles ciblés, selon une approche « dollar pour dollar ».

Dans ce climat d’incertitude, les entreprises multiplient les stratégies pour atténuer les impacts :

  • rationalisation des opérations,
  • diversification des marchés,
  • optimisation des chaînes d’approvisionnement,
  • ou encore, recours à des mesures fiscales compensatoires.

Le contexte économique canadien complique cependant ces ajustements. Près de 50 % des entreprises ont déjà réduit leur production ou leurs effectifs, et 28 % prévoient de le faire dans les six prochains mois. Les secteurs les plus touchés sont ceux de la fabrication industrielle ainsi que le secteur de l’énergie et celui des ressources naturelles, qui comptent pour plus de la moitié des répondants au sondage.

Au-delà des contre-mesures immédiates, les entreprises canadiennes réclament des actions gouvernementales pour renforcer leur position sur le marché intérieur et international. La majorité (85 %) des dirigeants estiment que la suppression des barrières interprovinciales est une priorité, tandis que 86 % jugent essentiel de diversifier les exportations énergétiques en développant les infrastructures pétrolières et gazières du pays.

Les chefs d’entreprise réfléchissent aussi à des alternatives stratégiques, notamment en explorant de nouveaux marchés internationaux ou en envisageant un transfert partiel de leurs activités aux États-Unis, une option évoquée par 62 % des répondants. Cependant, cette relocalisation pose de nombreux défis, notamment en raison des différences réglementaires et fiscales entre les deux pays.

« Il y a de nombreux facteurs à prendre en considération, dont la réglementation en matière d’emploi et d’environnement, l’établissement de nouvelles relations avec les fournisseurs et les clients, ainsi que les complexités fiscales aux États-Unis et au Canada, explique Lachlan Wolfers, leader national, KPMG cabinet juridique au Canada et responsable mondial de la fiscalité indirecte de KPMG. La relocalisation a tendance à être une réponse de dernier recours peu courante à l’heure actuelle, mais il faut toujours prendre ces décisions en fonction d’un horizon d’investissement à plus long terme. »

Alors que l’impact des tarifs commence à se faire sentir, une part significative des entreprises (76 %) a entamé un examen stratégique de ses activités pour identifier les meilleures solutions d’adaptation. Toutefois, certaines entreprises restent vulnérables : 30 % des répondants anticipent des pertes de profit importantes et 3 % craignent une faillite si la guerre commerciale perdure.

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La rédaction