Un rebond prudent de la confiance des entreprises au Canada

Par La rédaction | 29 January 2026 | Last updated on 28 January 2026
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Flèche en néon rouge rebondissant vers le haut
Photo : PeskyMonkey / iStock

Bien que modérée, la confiance des entreprises rebondit après le creux observé au deuxième trimestre de 2025, observe la Banque du Canada en se fiant aux résultats de l’enquête sur les perspectives des entreprises au quatrième trimestre de 2025.

Les perspectives de nombre d’entreprises pâtissent de l’incertitude commerciale et des droits de douane. Parmi les préoccupations les plus souvent mentionnées, on retrouve :

  • les conditions financières, économiques et politiques,
  • le ralentissement de la demande
  • et les pressions sur les coûts.

Malgré cela, la proportion d’entreprises se préparant à une récession au Canada au cours de la prochaine année est passée de 33 % à 22 %, soit le plus bas niveau de l’année, même s’il reste supérieur à celui de 2024.

Cette amélioration relative de la confiance ne se traduit toutefois pas encore par une accélération franche de l’activité, étant donné que les entreprises sont confrontées à une demande hésitante et à un environnement commercial incertain.

VERS UNE PLUS GRANDE CROISSANCE DES VENTES

Alors que le tiers des entreprises font état d’une faible croissance de leurs ventes au cours de l’année, le tiers mentionne une baisse de leurs volumes de ventes. Il s’agit d’une proportion supérieure à la moyenne historique qui se rapproche des 25 %.

Toutefois, davantage d’entreprises constatent une amélioration qu’une détérioration de leurs ventes. Cependant, ce chiffre reste inférieur à sa moyenne historique, on peut donc prévoir une croissance modeste, selon la Banque du Canada. Les droits de douane et les tensions commerciales ne sont pas sans lien avec ces effets négatifs — des ventes et des perspectives de ventes plus faibles —, mais les entreprises ne s’attendent pas à ce que ces effets s’aggravent.

Les entreprises peu touchées par les politiques commerciales américaines rapportent une croissance modeste de leurs ventes et restent positives vis-à-vis de leurs ventes futures.

La faiblesse de la croissance des ventes s’explique en partie par des tensions persistantes, qui continuent d’influencer les décisions des entreprises, en particulier celles tournées vers les marchés d’exportation.

Les entreprises exportatrices déclarent que les biens qu’elles offrent sont conformes à l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), ce qui les protège des droits de douane. Malgré cela, elles font face à la faiblesse de la demande américaine, à l’hésitation des clients américains à faire appel à des fournisseurs canadiens en raison de l’incertitude entourant les politiques commerciales et leur propre réticence à entrer sur le marché américain.

Malgré ces défis, les entreprises qui ont l’habitude de vendre aux États-Unis ne se sont pas tournées vers d’autres marchés, car cela les obligerait à investir dans du matériel spécialisé, de se conformer à des exigences réglementaires et d’assumer les coûts de transport associés à l’accès à des marchés éloignés. 

Dans ce contexte de débouchés incertains, les entreprises adoptent une approche attentiste, ce qui freine leurs intentions d’investissement, malgré un certain redressement de la confiance.

UN FREIN AUX INTENTIONS D’INVESTISSEMENTS ET D’EMBAUCHE

Côté investissement, les entreprises restent prudentes en raison de l’incertitude ambiante. La faiblesse des perspectives de demande limiterait également les investissements. Les entreprises se contentent donc principalement de faire des investissements dans l’entretien régulier et laissent de côté les grands projets pour plus tard.

La prudence observée en matière d’investissement se reflète également sur le marché du travail, les entreprises estimant disposer de capacités suffisantes pour répondre à la demande actuelle.

En raison de la faiblesse de la demande, la plupart des entreprises jugent avoir suffisamment d’effectifs. La plupart estiment pouvoir faire face à une hausse imprévue de la demande et jugent que même si elles ont besoin d’embaucher du personnel, elles n’auraient pas de mal à le faire.

Cette absence de tensions sur la main-d’œuvre limite par ailleurs les pressions salariales, en particulier chez les entreprises les plus exposées aux droits de douane.

Côté salaires, les entreprises fortement impactées par les droits de douane s’attendent à une plus faible croissance des salaires que les autres répondants. Et même chez les autres, la croissance des salaires devrait être modeste en raison des perspectives.

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La rédaction