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Êtes-vous prêt pour l’essor du capital privé dans les portefeuilles de détail ?

22 September 2025 | Last updated on 16 September 2025
5 min read
Image graphique représentant des vagues roses et violettes, composée de graphiques
Crédit photo : GettyImages/Eugene Mymrin
Ian Tam, Directeur de la recherche en investissement, Morningstar Canada.
Ian Tam, Directeur de la recherche en investissement, Morningstar Canada.

Le marché boursier est en pleine transformation et les conseillers doivent y être préparés. Les introductions en bourse ont ralenti ces dernières années, tant au Canada que dans le monde. En même temps, les marchés privés, tels que le capital-investissement et la dette privée, suscitent un intérêt croissant en tant que sources alternatives de croissance.

En effet, ce qui était autrefois le domaine exclusif des investisseurs institutionnels et des fonds de pension est à présent de plus en plus accessible aux investisseurs particuliers. Les véhicules d’investissement en capital privé promettent une diversification et un potentiel de rendement accru.

« La démocratisation de l’accès au capital privé pour les investisseurs particuliers est une innovation intéressante susceptible de dégager des rendements significatifs », indique Ian Tam, Directeur de la recherche en investissement chez Morningstar Canada.

Toutefois, cette évolution apporte également une nouvelle dose de complexité, de risques et d’implications relatives à la connaissance du produit pour les conseillers.

« Cela exige que les conseillers canadiens exercent une surveillance rigoureuse et fassent preuve de diligence raisonnable », poursuit Ian Tam.

Selon lui, le conseiller doit avant tout comprendre la liquidité de chaque volet du portefeuille avant de pouvoir recommander un produit de manière responsable.

La réglementation prévoit déjà une diligence raisonnable plus poussée pour les investissements plus complexes. Cependant, la connaissance de la composition de ces produits et de leur comportement en fonction de différentes conditions du marché est cruciale pour faire des recommandations adéquates et démontrer la valeur ajoutée du conseiller.

De nouvelles structures facilitent l’accès

La récente période de faibles taux d’intérêt ainsi que la moins bonne performance des actions à dividendes et des obligations sont les facteurs qui stimulent l’intérêt envers les capitaux privés.

Alors que de nombreux investisseurs recherchent un flux de revenus stable et des moyens de diversifier davantage leurs portefeuilles, Ian Tam explique que « la croissance des produits alternatifs a été accentuée par la mauvaise performance du portefeuille 60/40 en 2022, lorsque les actions et les obligations ont simultanément connu des reculs. »

De nouvelles structures facilitent l’accès au marché privé. Au Canada, elles englobent un fonds à intervalle unique, un nombre croissant de produits alternatifs liquides susceptibles d’être alloués aux capitaux privés ainsi que des produits d’infrastructures sous forme de FNB.

Par ailleurs, la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario vient de clore une consultation publique sur les fonds à long terme, évaluant l’intérêt du marché pour une structure de fonds de détail avec des rachats moins fréquents. Cela correspond à des produits offerts au Royaume-Uni. Les investisseurs peuvent également accéder aux marchés privés par l’intermédiaire du marché dispensé. (Toutefois, ce marché est en général réservé aux investisseurs qualifiés.)

Aux États-Unis, la tendance aux capitaux privés est plus avancée, en particulier dans les fonds à intervalles. À la fin de 2024, ce segment représentait environ 80 milliards de dollars américains d’actifs.

Il faut noter que même les investisseurs qui n’ont pas délibérément recherché les marchés privés peuvent déjà y être exposés.

En effet, d’après les données de Morningstar, environ 30 % des fonds équilibrés au Canada contiennent une petite partie de placements alternatifs qui sont intégrés (par exemple, capital privé, infrastructures, fonds de couverture, cryptomonnaies). De plus, tous les travailleurs canadiens investissent déjà dans le capital privé par l’intermédiaire du Régime de pensions du Canada.

« Les conseillers doivent être totalement conscients que ces segments d’actifs alternatifs sont présents même dans les fonds équilibrés les plus classiques, dit Ian Tam. Ils doivent être prêts à répondre à des questions élémentaires portant par exemple sur le degré d’exposition et les types d’actifs auxquels l’investisseur est exposé. »

Surveillez les risques de liquidité

Selon Ian Tam, il est crucial que les conseillers habitués aux produits gérés traditionnels, comme les fonds communs de placement et les FNB, comprennent la prime de liquidité : « Êtes-vous rémunéré pour avoir immobilisé votre argent ? »

La liquidité est un risque majeur qui soulève des interrogations sur l’adéquation entre les conditions de rachat d’un investissement et les besoins de trésorerie du client. Ian Tam donne un exemple tout simple : « Un client prend sa retraite l’an prochain, il a besoin d’un important montant d’argent et celui-ci est bloqué pendant encore 10 ans dans un fonds de capital privé. »

Un décalage de liquidité, qui fait qu’un client ne peut pas retirer son argent quand il en a besoin, serait « catastrophique », dit-il. « C’est le risque ultime et un échec pour un conseiller. »

Les capitaux privés posent également des défis relatifs à l’évaluation. « Il est difficile de comprendre la valeur de ces actifs parce qu’ils ne sont pas souvent négociés, à la différence des actions ou des obligations. Ils ne font l’objet d’aucun cours sur le marché. »

Bien que ces produits alternatifs soient susceptibles d’offrir une diversification, si l’on considère les actifs sous-jacents, Ian Tam souligne que les conseillers devraient les envisager avec précaution. « Nous ne les évaluons pas fréquemment. Ils sont illiquides pour une raison. »

Le marché ne cesse de croître

Ian Tam s’attend à ce que l’accès au marché privé poursuive son expansion. « Compte tenu du nombre croissant de retraités, il y aura une demande pour des rendements plus élevés et une demande pour la diversification, si l’on pense que ce sont ses avantages. »

Les régulateurs canadiens surveillent le déclin des introductions en bourse et ses répercussions sur la formation de capital. Des mesures ont été prises, comme celle permettant aux sociétés cotées en bourse de lever 20 % de plus de leur capitalisation boursière sans devoir déposer un prospectus complet. La limite sur le montant qu’un particulier peut investir dans un produit dispensé a également été supprimée.

« Les régulateurs sont tout à fait conscients de la nécessité de stimuler la formation de capital au Canada. Une solution pourrait être d’élargir l’exposition aux actifs privés, mais en suivant une approche très prudente », dit Ian Tam.

Alors que des structures accessibles aux particuliers émergent, le défi sera de trouver un équilibre entre l’ouverture à un plus grand accès au marché privé et la protection des investisseurs.

Pour que les conseillers soient prêts, ils doivent comprendre à la fois les avantages et les contraintes liées au capital privé dans les portefeuilles de détail. « Le risque de liquidité est un point d’achoppement qui dissuade de nombreux investisseurs de s’engager, affirme Ian Tam. Lorsqu’ils le font, le compromis doit en valoir la peine. »

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