À quand la sortie de crise pour l’immobilier canadien ?

Par Nicolas Ritoux | 30 September 2025 | Last updated on 29 September 2025
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Photo d'une rue bordée d'immeubles.
Lisa-Blue / iStock

Des mesures de relance seront nécessaires pour rendre le marché immobilier canadien plus accessible, à commencer par une réduction des taux, argue Benjamin Tal, économiste en chef adjoint à la CIBC.

« L’économie canadienne est très vulnérable. La croissance est presque au point mort et le chômage augmente, le tout dans un climat d’incertitude en provenance de nos voisins du Sud, qui pèse autant sur les consommateurs que sur les entreprises. Dans ce contexte, la Banque du Canada n’aura pas d’autre choix que de réduire ses taux », analyse Benjamin Tal.  

« Il faudra pour cela que l’inflation demeure restreinte, mais nous croyons que c’est possible, car elle a déjà ralenti dans les derniers mois. Les prix restent élevés, comme nous pouvons tous le constater quand nous allons au supermarché, mais la Banque du Canada se soucie peu de cela. Elle ne s’intéresse pas au niveau des prix, mais à leur rythme de progression. Or celui-ci a ralenti sous l’effet des hausses de taux, et cela crée aujourd’hui une réelle opportunité pour amorcer des baisses. »

Le taux directeur a déjà été rabaissé à 2,50 % en septembre, mais l’expert s’attend à le voir atteindre 2 % ou même 1,75 %. Cela contribuera notamment à redresser le marché immobilier qui est selon lui « en récession ».

« Le marché immobilier canadien n’est pas uniforme : tout dépend où l’on vit. L’Alberta se porte bien, de même que les provinces de l’Atlantique si l’on se fie aux mises en chantier. À l’inverse, les marchés de Toronto et Vancouver sont en récession, surtout dans le segment des condos, où plus personne n’achète ni ne construit. Leurs prix à la revente ont chuté de 20 % et devraient encore baisser de 5 à 7 % avant de se stabiliser en 2026 ou 2027, à mesure que l’immigration contribuera à faire diminuer les inventaires. Passé ce stade, les prix remonteront, faute de nouvelle construction », croit Benjamin Tal.

Il déplore la crise de l’accès au logement qui frappe en premier lieu les jeunes. 

« Il faudra des mesures de relance pour encourager les promoteurs à construire. À long terme, le marché immobilier demeure résilient avec des fondamentaux très robustes. Il s’agit juste d’accroître l’offre. »

« La priorité devrait aller aux logements à louer, en réduisant les charges et en facilitant les autorisations pour les promoteurs. Le gouvernement peut réduire la TPS. La Société canadienne d’hypothèques et de logement peut prêter davantage. Il est extrêmement important que le prochain budget fédéral inclue ce genre d’incitatifs pour débloquer le marché rapidement », poursuit Benjamin Tal.

À ce titre, l’économiste applaudit la création récente de l’organisme Maisons Canada doté d’une enveloppe de 13 milliards pour aider les constructeurs à lancer de grands projets de logements sociaux. 

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.