Beau fixe sur le revenu fixe

Par Nicolas Ritoux | 28 October 2025 | Last updated on 24 October 2025
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kieferpix / iStock

Les baisses de taux attendues des deux côtés de la frontière devraient profiter aux obligations dans les mois à venir, croit Adam Ditkofsky, gestionnaire de portefeuille principal, revenu fixe mondial, Gestion d’actifs CIBC.

Selon lui, l’évolution de l’inflation demeure déterminante pour les politiques monétaires. L’Indice des prix à la consommation (IPC) affiche 2,9 % de croissance aux États-Unis, au-dessus de la cible de la Réserve fédérale américaine (Fed), mais il devrait ralentir à mesure que la pression sur les salaires s’atténue et que le marché de l’emploi se normalise. Alors qu’il y avait deux postes vacants pour chaque travailleur en 2022, on en compte désormais moins d’un, observe l’expert. 

Au Canada, Adam Ditkofsky s’attend à voir l’inflation descendre sous les 2 %, dans un contexte où le taux de chômage reste au-dessus de 7 %.

Ce ralentissement de l’inflation des deux côtés de la frontière laisse le champ libre aux banques centrales pour se concentrer sur la croissance, en baissant à nouveau leurs taux au fil des prochains trimestres. L’expert entrevoit ainsi 1,75 % au Canada et 3 % aux États-Unis, ce qui est positif pour les obligations, particulièrement celles à plus court terme. 

Dans ce contexte, Adam Ditkofsky privilégie des obligations à échéances « modestement longues », d’autant plus que la courbe de rendement pourrait se raidir. Il prévoit en outre une surperformance des bons du Trésor américain par rapport aux obligations du gouvernement canadien, en particulier dans les maturités de 10 à 30 ans. Quant aux titres de sociétés, leur pondération dépend de chaque stratégie, mais le gestionnaire indique qu’il préfère, pour sa part, les surpondérer.

« Les obligations de sociétés représentent environ 25 % de l’univers d’investissement au Canada, or dans nos portefeuilles, elles sont à 50/50 avec les obligations gouvernementales. Cela reste un niveau de risque plutôt faible, qui reflète les faibles écarts de crédit par rapport aux années précédentes », explique Adam Ditkofsky. 

« Nous n’entrevoyons pas de récession et nous pensons que le crédit va continuer de surperformer à court terme, mais quand l’écart de rendement n’est que de 0,9 %, il vaut mieux rester défensif. Nous sommes en outre sous-exposés en matière de haut rendement », poursuit-il.

Il trouve les prix plutôt élevés sur le marché du revenu fixe en général, tout comme c’est le cas du côté des actions, mais cela ne l’inquiète pas outre mesure puisque les banques centrales semblent déterminées à se montrer accommodantes. Il croit que les obligations de sociétés vont continuer de surperformer mais recommande simplement de favoriser les échéances sous les cinq ans.  

« Nous procédons à une analyse descendante pour établir si un titre s’échange à prix avantageux, auquel cas nous en profitons. Mais en règle générale c’est dans le court terme que nous trouvons les meilleures occasions. »  

L’expert souligne l’attrait des instruments hybrides émis par des sociétés de catégorie investissement avec des écarts de rendement souvent plus élevés que les titres à haut rendement de qualité. Parmi ses émetteurs favoris, il cite :

  • Bell Canada,
  • Rogers,
  • Enbridge,
  • TC Energy,
  • et Brookfield Infrastructure Partners.

Il croit que le moment actuel est favorable pour investir dans le marché obligataire, car celui-ci offre à la fois de bons rendements et une bonne protection en cas de correction du côté des actions. 

« Le portefeuille 60/40 demeure une excellente stratégie, surtout dans un contexte où les banques centrales sont préoccupées par la stabilité des marchés et cherchent à réduire leurs taux », conclut-il.

 Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.