Chasse aux aubaines dans le TSX 

Par Nicolas Ritoux | 14 October 2025 | Last updated on 9 October 2025
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Homme avec loupe sur fond blanc.
master1305 / iStock

Les actions des sociétés canadiennes s’échangent à environ 15 % de rabais sur leurs équivalentes américaines, affirme Tudor Padure, gestionnaire de portefeuilles d’actions pour Gestion d’actifs CIBC. 

« Ce n’est qu’après une longue période d’anticipation que la Réserve fédérale américaine (Fed) a entamé une baisse de ses taux, le mois dernier. Mais la suite demeure incertaine face à une économie résiliente et un chômage historiquement bas à 4,3 %. Pendant ce temps, la Banque du Canada a déjà baissé trois fois ses taux de 25 points de base, sous la pression des tarifs douaniers américains et de son marché de l’emploi. Elle se montre désormais prudente pour la suite », rappelle Tudor Padure.

« Dans ce contexte, les actions canadiennes se négocient à des niveaux de valorisation attrayants comparativement à leurs homologues américaines. En base de rendement total depuis le début de l’année, l’indice TSX a surperformé de 13 % par rapport au S&P 500 et de 8 % par rapport au Nasdaq. Et sur les cinq dernières années, le TSX dépasse les deux indices américains — une information qui n’a pas trouvé l’écho qu’elle mérite, » poursuit l’expert. 

Selon les projections, le bénéfice par action devrait croître d’environ 11 % pour le S&P 500 et de 9 % à 10 % pour le TSX, des performances pratiquement au coude à coude, avec des marges similaires à deux chiffres. On peut donc dire que les actions canadiennes affichent une performance comparable, mais elles se négocient à un ratio cours-bénéfice d’environ 17 fois, contre 23 fois pour le S&P 500, soit un rabais d’environ 25 %.

 « L’écart se situe habituellement autour de 10 %, si bien que les actions canadiennes se négocient actuellement avec un rabais d’environ 15 % par rapport aux américaines. Elles offrent une excellente façon de s’exposer à moindre coût à des entreprises de qualité. Notons en outre que la moitié des revenus du TSX sont générés hors du pays, dont 30 % aux États-Unis, ce qui couvre un éventuel ralentissement de l’économie canadienne », souligne Tudor Padure.

« Du reste, nous sommes optimistes envers les mesures annoncées par le gouvernement fédéral en faveur de la croissance, dont la création du Bureau des grands projets à Calgary. Plusieurs structurantes telles que la phase 2 de LNG Canada ou la nouvelle centrale nucléaire de Darlington vont propulser la croissance dans les prochaines années », poursuit-il.

Il reconnaît les risques liés aux négociations de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) en vue de son renouvellement en juillet prochain. Mais le Canada profite généralement de tarifs inférieurs à la moyenne mondiale et bien en deçà de pays comme la Chine, grâce à l’exemption accordée aux exportations conformes à l’ACEUM. Il s’agira de surveiller l’évolution des sentiments des investisseurs à mesure que les négociations progressent. 

L’expert mentionne plusieurs actions canadiennes de qualité actuellement qui se négocient actuellement au rabais. 

Il apprécie notamment les sociétés de gestion des déchets GFL Environmental et Waste Connections, dont les revenus sont à l’abri des cycles économiques et qui présentent de solides profits face à une demande élevée et stable.  

Du côté des technos, il cite Constellation Software et Descartes Systems, qui ont sous-performé sous l’effet de l’engouement pour l’intelligence artificielle qui a capté toute l’attention ces derniers temps. Elles ont selon lui la capacité de s’adapter au changement grâce à leurs vastes quantités de données propriétaires et à leurs solutions profondément imbriquées dans les systèmes de leurs clients.

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.