De bonnes occasions dans le revenu fixe, à condition de bien chercher

Par Nicolas Ritoux | 25 November 2025 | Last updated on 24 November 2025
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Face aux faibles écarts de rendement et à l’abondance de l’offre, la sélection de placements à revenu fixe est devenue un art très subtil, reconnait Gino Di Censo, directeur, revenu fixe mondial à Gestion d’actifs CIBC.

« Dans les marchés publics, nous demeurons surpondérés en obligations de sociétés, surtout dans des secteurs de nature défensive. Il y a des façons d’accroître son rendement sans trop de risque, à condition de se montrer discipliné », assure Gino Di Censo. 

« Nous préférons les échéances courtes, mais nous pouvons faire certaines exceptions tactiques. C’est la meilleure conduite à adopter dans un environnement où les taux d’intérêt tendent à baisser et la volatilité reste élevée. Le tout est de bien gérer sa sensibilité au risque de taux », poursuit-il.

L’expert affectionne également le marché du crédit privé, notamment « dans des secteurs défensifs où les profits ne dépendent pas directement de la santé de l’économie ». Mais il préfère investir dans la dette de sociétés lorsque celles-ci sont soutenues par un fonds de capital-investissement, estimant que ce dernier sera là en cas de pépin, puisqu’il a un intérêt financier direct dans l’entreprise. 

« Le crédit privé garanti de premier rang offre de forts rendements ajustés au risque, et il permet au gestionnaire de portefeuille de saisir des occasions de manière opportuniste au gré des conditions économiques », souligne Gino Di Censo.

« Nous priorisons les emprunteurs dont les flux de trésorerie sont prévisibles et qui offrent des services essentiels ou à revenus récurrents. Mais nous sommes conscients qu’il est impossible de maximiser à la fois le rendement, la liquidité et le risque de défaut. C’est pourquoi beaucoup de nos placements sont plutôt illiquides. En fait, un instrument de crédit privé qui promettrait une forte liquidité devrait susciter des questions. Mieux vaut rester discipliné que de se compromettre en échange de 50 points de base supplémentaires », commente l’expert.

Enfin, il dit apprécier le marché de la dette des infrastructures de catégorie investissement, car il se joue sur de longues durées avec des positions structurellement solides et des flux de liquidités bien soutenus. 

« Il faut garder en tête le risque de réévaluation des prix autour du prétendu atterrissage en douceur de l’économie. Les marchés tiennent pour acquis des baisses de taux et une croissance soutenue, aux États-Unis en premier lieu. Mais si l’inflation reprend, ou si les pressions fiscales maintiennent les rendements à un niveau élevé, les écarts pourrait se creuser et la marge de manœuvre des banques centrales deviendrait plus limitée », prévient Gino Di Censo.

« La meilleure stratégie est encore de se fier à un gestionnaire qui saura répartir les placements de manière appropriée », conclut-il.

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.