Des sociétés canadiennes positionnées pour la croissance 

Par Nicolas Ritoux | 16 September 2025 | Last updated on 15 September 2025
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Un homme d’affaires regarde vers la ville à l’horizon à travers des jumelles.
erhui1979 / iStock

Certaines actions actuellement sous-évaluées sont appelées à profiter d’un éventuel accord avec les États-Unis, croit Natalie Taylor, gestionnaire de portefeuille à Gestion d’actifs CIBC. 

Malgré l’incertitude ambiante, l’indice S&P/TSX connaît une belle année 2025, avec une croissance de 15 % depuis le début de l’année, surpassant les 8 % du S&P 500 et les 10 % du NASDAQ. Mais la plupart des gains proviennent surtout des titres aurifères et de quelques cas isolés, comme Spotify et Celestica. Pour que la performance du TSX se poursuive, plusieurs indicateurs fondamentaux devront s’améliorer, à commencer par l’issue des négociations sur le nouvel Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) prévu pour 2026.

« Les données économiques suggèrent un ralentissement de l’économie canadienne, qui risque de se prolonger encore six à douze mois tant que les tensions commerciales persistent. Cependant une amélioration de l’économie américaine a déjà des retombées positives sur les sociétés canadiennes qui y sont exposées », analyse Natalie Taylor.

« La bonne nouvelle, c’est que les actions canadiennes s’échangent à un prix inférieur à celles du S&P 500, particulièrement dans des secteurs comme les banques, les télécommunications et les biens de consommation. Si l’accord commercial survient dans les 12 prochains mois, on peut s’attendre à de solides performances », poursuit l’experte.

Elle cite par exemple la Canadian Pacific Kansas City, fruit de la fusion entre le Canadien Pacifique et la Kansas City Southern, qui bénéficiera d’un réseau à portée nord-américaine s’étendant jusqu’au Mexique. Par sa nature cyclique, le secteur ferroviaire sera parmi les premiers à profiter de toute reprise économique, après avoir connu une baisse du trafic de marchandises depuis la pandémie. 

Elle mentionne aussi Couche-Tard, aujourd’hui l’une des principales chaînes de magasins de proximité. Après avoir renoncé à l’acquisition de 7 — Eleven, l’entreprise a mis fin à des mois d’incertitude. L’entreprise possède d’amples réserves de liquidités désormais disponibles pour un retour aux actionnaires, et profite de ventes à la hausse.  

Dans l’énergie, elle nomme Keyera, une société intermédiaire spécialisée dans la collecte, le traitement et le transport du gaz naturel, qui s’apprête à compléter l’acquisition de la portion canadienne des activités de Plains All American. Keyera est appelée à profiter du projet LNG Canada, et de toute autre décision éventuelle du gouvernement en faveur du développement des infrastructures gazières.  

Elle recommande des titres défensifs exposés au marché américain, comme Intact Corporation Financière qui se montre résiliente et bien diversifiée des deux côtés de la frontière, ou la Banque de Montréal qui voit ses prospects s’améliorer chez nos voisins du Sud et en particulier dans les services bancaires commerciaux.  

« La négociation de l’ACEUM demeure le plus grand risque qui pèse sur l’économie canadienne. Une remise en cause complète de l’accord entraînerait des conséquences négatives, mais des mesures pourraient être mises en place pour soutenir les secteurs les plus affectés », conclut Natalie Taylor. 

« En plus des mesures fiscales, la Banque du Canada a de la marge de manœuvre pour apaiser les consommateurs et encourager l’investissement. On pourrait assister à de nouvelles baisses de taux si l’ACEUM s’avère trop défavorable. Mais plus tôt l’incertitude sera dissipée concernant les nouvelles règles, plus vite les sociétés canadiennes déploieront leur talent d’adaptation dans leur nouvel environnement. » 

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.