Qui craint une récession au Canada ?

Par Nicolas Ritoux | 29 April 2025 | Last updated on 28 April 2025
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le drapeau national canadien à ottawa
franckreporter / iStock

Malgré des nuages sombres, la politique monétaire canadienne laisse l’horizon dégagé en vue de la croissance économique, croit Michael Sager, directeur général et chef des placements, Multiclasse d’actifs et gestion des devises, Gestion d’actifs CIBC.

« La croissance est certes plus faible que nous le prévoyions plus tôt cette année, principalement en raison des tarifs douaniers annoncés par les États-Unis et de l’incertitude qui en découle. Mais l’économie canadienne reste orientée sur la croissance pour le reste de l’année, grâce en partie aux baisses de taux passées et à venir de la Banque du Canada, aux mesures de relance du gouvernement fédéral, et à la santé relative des consommateurs. Et nous entrevoyons une résolution du conflit commercial avec les États-Unis dans les six prochains mois », avance Michael Sager.

L’expert identifie trois facteurs à surveiller en 2025.

« Tout d’abord, si comme nous le prévoyons la croissance est plus faible que prévu, il faudra garder un œil sur le marché de l’emploi, car le chômage pourrait grimper. Ensuite, le règlement du conflit entre le Canada et les États-Unis pourrait s’enliser. Enfin, l’incertitude des marchés mondiaux va rester très élevée face aux politiques commerciales des États-Unis. »

Du côté des actions, il préfère les marchés du Canada et d’Europe qui ne souffrent pas de la même surévaluation extrême que les marchés américains.

« Même si les actions du monde entier peuvent être affectées par les tarifs douaniers américains, ces marchés demeurent moins dispendieux et profitent d’améliorations structurelles en matière de croissance organique et de soutien par les gouvernements. Au Canada, les baisses de taux offrent des vents arrière favorables, tandis qu’en Europe, des pays comme l’Allemagne ont annoncé des mesures de relance d’envergure, notamment en matière d’infrastructures et de défense », analyse Michael Sager.

En matière de revenu fixe, il s’attend à un scénario mitigé entre une croissance faible, une inflation élevée sous l’effet des tarifs, et une forte dose d’incertitude politique.

« Les titres de haute qualité devraient surperformer par rapport aux segments à haut risque du marché, qui vont sans doute creuser leur écart de rendement. Pour le moment, nous préférons les obligations aux actions, mais l’incertitude environnante empêche de développer toute conviction quant à une répartition spécifique des actifs. Nous nous en tenons donc aux indices de référence. »

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.